Editorial de Patrick Darot, Président de la Section Grandes Cultures de la FDSEA

25 octobre 2018
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En cette période douce ( trop ) et ensoleillée, il m’est difficile de ne pas commencer mon propos avec une pensée pour tous nos collègues de l’Aude et des départements voisins pour qui l’heure n’est pas aux semis mais à la reconstruction…
Période de semis donc qui succède aux récoltes d’automne. Celles-ci ont apporté des fortunes diverses en fonction des sols et du passage d’un orage ou de la maîtrise de l’irrigation. Période de semis avec déjà un constat, il n’y aura que très peu de colza en France cette année. La relative sécheresse de septembre aura eu raison des tentatives de semis de colza mais aura permis de murir les maïs et de réduire fortement les coûts de séchage.
Je parle bien de relative sécheresse car ici, nous sommes relativement bien lotis par rapport à nos collègues du croissant Nord Est de la France et d’une partie de l’Europe : aucun travail du sol ni semis en oléagineux ou céréales, impossibilité d’arracher les betteraves, des prairies paillasson et dans certains départements comme l’Alsace, les pailles de maïs sont pressées pour dépanner les éleveurs. Pour certaines régions, on parle d’une sécheresse pire que 1976 !!!
Trop d’eau d’un côté… pas assez de l’autre. La transition est facile vers l’actualité départementale et le lac de Caussade. A ce jour, toutes nos organisations agricoles ont affirmé leur soutien à ce projet. Et, là aussi, comme bien d’autres, l’opposition vient de là-haut… tout là-haut : là où le dogmatisme prime sur le bon sens, là où l’on nous explique comment travailler sans jamais avoir chaussé une paire de bottes ; ces donneurs de leçons qui lâchent des ours ( et des ministres… ) par hélicoptère et passent au-dessus de l’avis des paysans, premiers acteurs économiques des territoires ruraux, ceux-là mêmes qui nous parlent de bien-être animal sur les cadavres de centaines de brebis égorgées ou effarouchées au nom d’une biodiversité qu’ils ne côtoient pas.
Ces mêmes personnes qui, à force de répéter un message totalement démagogique sur notre métier de « pollueur », nous ont jetés à la vindicte populaire. Pour se donner bonne conscience, ils ont voté une loi dite EGAlim. Le résultat ne s’est pas fait attendre : on trouve du lait bio moins cher que le conventionnel… qui déjà n’est pas élevé !
Mais bon… c’est la période des semis. Depuis toujours, nous semons dans le but d’une belle récolte...

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