L’APCA prépare sa rentrée chargée

12 octobre 2018
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Eau, négociations commerciales, PAC...

Si les élections des Chambres d’Agriculture, qui se tiennent en janvier 2019, vont nécessairement mobiliser l’APCA dans les prochaines semaines, ses représentants restent focalisés sur les dossiers d’actualité qui impactent les agriculteurs : accidents climatiques, négociations commerciales prochaines, future PAC, transition de l’agriculture...

Après une campagne désastreuse pour cer­taines productions, frappées par la sécheresse en 2017, les agriculteurs n’ont pas été épar­gnés ces derniers mois, entre les excès d’eau du printemps et la canicule de l’été. « C’est une année qui justifie encore plus de mettre tout en oeuvre pour permettre aux agricul­teurs de faire des réserves d’eau », a estimé Claude Cochonneau, président de l’APCA, lors de la conférence de rentrée des chambres d’Agriculture, le 5 septembre. La question du stockage de l’eau est en effet cruciale pour les agriculteurs, qui ne comprennent pas le retard pris par la France dans ce domaine, quand l’Espagne a par exemple multiplié par dix ses capacités de stockage depuis 40 ans. Sur 100 millions d’euros versés chaque année pour indemniser les calamités agri­coles liées à la sécheresse, « 80 % sont pour les producteurs d’herbe et les éleveurs, qui doivent aujourd’hui acheter du fourrage en Espagne », précise André Bernard, vice-pré­sident de l’APCA. « On n’utilise que 3,5 % de l’eau tombée, et seulement 1,7 % pour l’agriculture », ajoute-t-il. Cependant, le sec­teur agricole n’est pas prioritaire dans la loi française en matière de gestion de l’eau, ce qui explique de nombreux blocages et les re­cours qui cassent les projets. « C’est normal que la priorité soit accordée à l’eau potable et aux milieux, mais nous on veut stocker l’eau l’hiver pour l’agriculture », insiste Luc Servant, membre du bureau de l’APCA, qui fustige également la désinformation existant sur le sujet : « dans la tête du citoyen, le stoc­kage de l’eau est associé à la production in­tensive », alors qu’il s’agit d’assurer la sécu­rité de beaucoup de productions.

Sécurisation des exploitations

Car une stabilité des exploitations est notamment nécessaire pour la transition des modèles agricoles attendue par la société, rappelle également Claude Cochonneau, qui déplore la baisse de crédits pour Ecophyto, « alors que la prise de conscience [ de la né­cessité de faire évoluer les pratiques ] est indéniable pour les agriculteurs ». Si beau­coup d’expérimentations ont été menées ces dernières années pour réduire les intrants, maximiser la production de biomasse, déve­lopper les outils numériques, les ressources financières manquent aujourd’hui pour « in­dustrialiser la démarche ». C’est d’autant plus inquiétant que « ceux qui investissent le plus sont les plus touchés », constate de son côté Daniel Roguet, vice-président de l’APCA. Or, « si on ne se modernise pas, on va avoir des problématiques de transmis­sion », ajoute-t-il. Autre levier dans la sé­curisation des exploitations, la future PAC, qui devra contenir « des outils de régulation, et plus de moyens sur le préventif », précise Luc Vaillant. Le ministère de l’Agriculture devra défendre ce volet : « nous craignons qu’il ne tienne pas suffisamment les cor­dons de la bourse », notamment face au ministère de l’Ecologie, juge Pascal Ferey, vice-président de l’APCA.

Négociations commerciales

Enfin, l’un des premiers sujets d’ac­tualité de cette rentrée reste le déroule­ment des négociations commerciales à ve­nir, alors que le projet de loi post-Etats gé­néraux de l’alimentation n’est pas encore voté. Si une charte a bien été signée l’année dernière au ministère de l’Agriculture par l’ensemble des acteurs de la filière, « on a constaté qu’elle n’a pas eu beaucoup d’ef­fets. Son seul mérite est d’avoir réuni tous les acteurs en même temps. Nous voulons relancer les discussions », indique Claude Cochonneau qui a évoqué le sujet avec le ministre de l’Agriculture, « car si les négo­ciations se déroulent sur les mêmes bases que l’an dernier, alors que la charte ve­nait d’être signée, ça fait peur… » Le vote définitif du projet de loi ne devrait pas in­tervenir avant début octobre. 

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