FNSEA Nouvelle-Aquitaine

31 août 2018
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« L’agriculture doit s’adapter très vite »

La FNSEA Nouvelle-Aquitaine a reçu le Préfet de Région le 25 juillet sur la Ferme Darrigade à Soustons ( 40 ). Intempéries, gestion de l’eau, emploi, EGAlim, les respon­sables syndicaux ont interpellé le Préfet sur de nombreux dossiers.

« Depuis mon arrivée en Nouvelle- Aquitaine, je suis frappé par les caprices de la météo, a expliqué Didier Lallement. L’agriculture doit s’adapter très vite, faire preuve de pragmatisme et de souplesse ». Avant de rentrer dans le vif du su­jet, c’est sur ce constat du Préfet de région qu’a débuté la rencontre. « L’agriculture a déjà évolué et elle continuera, a souligné Philippe Moinard, président de la FNSEA Nouvelle-Aquitaine ( FNSEA NA ), mais aujourd’hui il n’y a pas as­sez de mesures prises pour qu’elle rentre dans le 22e siècle ». Pour preuve, les sujets abordés ont été nombreux.

Eau : sujet central

Rebondissant sur les propos du Préfet, le premier sujet concernait les intempéries. Toutes les cultures et de nombreux bâtiments ont été tou­chés par des pluies ou des orages de grêle. « Nous attendons que l’admi­nistration soit efficace, fasse accé­lérer les commissions d’enquête et le classement en catastrophe natu­relle », a indiqué Daniel Couderc, se­crétaire général adjoint de la FNSEA NA. Conséquence des intempéries, les inondations ont amené sur la table la question de la gestion des cours d’eau. L’absence d’entretien est pointée du doigt. « Des solutions ont été trouvées avec certains pré­fets de département, il faut pouvoir agir », a précisé Bernard Layre, se­crétaire général de la FNSEA NA.

Oui à la concertation

Celui-ci a également rappelé le travail mené par la FNSEA NA sur la cartographie des cours d’eau. Il a indiqué qu’aujourd’hui tous les départements ne sont pas logés à la même enseigne et qu’un traite­ment homogène sur la région était essentiel. Fondamentale également la création de réserves en eau pour sécuriser l’activité agricole. Pour cela, il est nécessaire de simplifier la réglementation et de permettre aux projets programmés de voir le jour. « On peut créer des retenues d’eau dans le cadre du projet ter­ritorial et si on obtient un finan­cement de l’Union européenne, » a convenu Didier Lallement. Le Préfet a également précisé avoir « in­sisté auprès du Préfet coordonna­teur de bassin pour une réflexion amont-aval » autour de l’eau. Fin 2017, la FNSEA NA a sollicité le Préfet d’Occitanie, coordonnateur de bassin afin de participer aux ré­flexions sur le futur zonage Adour- Garonne. Des sollicitations qui sont restées lettre morte. Inadmissible pour la FNSEA NA qui dénonce ce « semblant de concertation » ainsi que l’utilisation d’analyses datant de 2014 et 2015 alors que des ana­lyses plus récentes existent. Point positif cependant, Bernard Layre a salué le « travail remarquable et concerté conduit avec les services de l’État sur le Programme d’Ac­tions Régional ( PAR ). » Attention cependant à la délimitation de la zone Ouest qui ne repose sur au­cun critère clair.

L’économie au coeur des débats

Seul syndicat représentatif des employeurs de main d’oeuvre, la FNSEA NA a abordé le sujet de l’emploi. « Un Contrat d’Objectif Territorial va donner lieu à des consultations mises en place par la région, a rappelé P. Moinard. Il est inenvisageable que la FNSEA NA ne soit pas associée, or à ce jour, il est impossible de joindre la Direccte. » Autre sujet de mo­bilisation : les EGAlim. Sylvie Macheteau et Denis Bergeron ont présenté au Préfet les travaux ini­tiés avec l’ARIA NA autour de la création et du partage de la valeur ajoutée. Qualifiée de « chance à sai­sir », la démarche va permettre de mettre en avant « ce que l’on fait déjà ». Le projet ne fait toutefois pas oublier le récent retoquage du pro­jet de Loi par la Commission mixte paritaire. Le député Moreau reste dans le collimateur des éleveurs.

L’Etat doit jouer son rôle

Si la FNSEA NA est pro-active, il faut aussi que l’État respecte ses engagements. Parmi eux, celui de mettre en place des mesures com­pensatrices pour les exclus des zones défavorisées. « Nous avons fait re­monter la demande à plusieurs re­prises, a répondu le Préfet de ré­gion, mais à ce jour, nous sommes encore dans l’attente de direc­tives. » Enfin, la question du paie­ment des MAE a fait grincer des dents dans la salle. Et pour cause le paiement du solde de 2016 est re­poussé de mois en mois. « Que l’on ne nous parle plus de problèmes de logiciels et que l’on nous paye ce que l’on nous doit ! », a résumé François Avrard, secrétaire géné­ral adjoint de la FNSEA NA. Si le Préfet n’a pas évoqué de pro­blèmes techniques, il a indiqué qu’il y avait bien un problème de « tuyau » et non de disponibilité des fonds et que la question du fi­nancement après 2020 était aus­si centrale.

P. Dumont

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