Glyphosate

23 juillet 2018
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« L’Etat doit rester pragmatique »

Le ministre de l’Agriculture, Stéphane Travert, et le ministre de la Transition écologique et solidaire, Nicolas Hulot, ont réuni, fin juin, les acteurs de la chaine alimentaire. Ils ont ensuite annoncé, la création d’une « Task Force », pour sortir du glyphosate. Eric Thirouin, Secrétaire général adjoint de la FNSEA, estime que cette réunion a été constructive mais il souligne que la transition vers une utilisation plus limitée du glyphosate, pour répondre aux enjeux sociétaux, ne se fera pas sans l’accompagnement du gouvernement.

Comment la réunion de ven­dredi dernier s’est-elle déroulée ?

Eric Thirouin : Il est impor­tant de noter que la réunion du 22 juin a été constructive. Cependant, les reprises dans la presse ont prin­cipalement souligné les déclara­tions de Nicolas Hulot de suppri­mer l’usage de la molécule sous 3 ans, avec de potentielles déroga­tions de 2 ans. Nous avons eu en face de nous deux ministres prag­matiques. Ils ont reconnu qu’il n’y avait pas d’alternatives systématiques au glyphosate. Nous leur avons si­gnifié, que pour nous, il n’y avait donc pas lieu d’inscrire cette inter­diction dans la loi issue des États généraux de l’alimentation. Nous leur avons aussi rappelé que la pro­fession s’était engagée à développer des alternatives au glyphosate afin d’en réduire l’usage, comme nous le faisons avec le Contrat de solu­tions. Nous leur avons redit qu’il était nécessaire que l’État accom­pagne, économiquement et régle­mentairement, les agriculteurs qui s’engagent dans cette transition. Il faut aussi souligner que le gou­vernement ne peut nous mettre la pression sur le glyphosate en ou­vrant les frontières aux importa­tions distorsives.

n Quels étaient les autres ac­teurs présents à cette réunion ?

Eric Thirouin : À cette réunion, étaient également conviés, les orga­nismes de recherche ( INRA, Irstea, ACTA ). Les impasses techniques présentes dans différentes filières, comme les vignes ou les vergers en forte pente, les semences et lé­gumes d’industries, ou inhérentes à certaines cultures ou pratiques, comme l’agriculture de conserva­tion, ont été évoquées par les deux ministres. Ils ont aussi mentionné que les instituts de recherches de­vaient être porteurs de solutions, afin de réduire l’utilisation de la molécule. Les transformateurs, re­présentés par l’Ania, ainsi que l’en­semble des enseignes de distribu­tions et la FCD, étaient aussi pré­sents à cette réunion. L’État sou­haite valoriser en magasin les pra­tiques « alternatives » des agricul­teurs français. Cette possible va­lorisation ne doit pas être syno­nyme d’un cahier des charges plus contraignant et d’un désengage­ment du gouvernement. Nous enten­dons et nous relevons le challenge que nous lancent l’Etat et la socié­té, mais nous ne pourrons le faire sans accompagnements concrets.