Filière laitière

2 juillet 2018
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« Ferme laitière bas carbone »

L’Idele, le Cniel, l’APCA et France Conseil Elevage, ont signé leur nouvelle feuille de route climatique « Ferme laitière bas carbone ». La filière laitière s’organise pour répondre aux enjeux environnementaux et savoir en tirer de la valeur pour les producteurs.

Le changement climatique pro­duit différents impacts sur les ré­gions : augmentation des tempéra­tures, des précipitations, et plus de sécheresse. Globalement, cela va transformer le cycle des cultures, si certaines vont gagner en rende­ments, elles seront aussi plus expo­sées aux aléas climatiques.

La filière s’engage à réduire ses émissions de gaz à effet de serre de 20 % d’ici 2025. Afin de parvenir à cet objectif, un éleveur sur deux devra s’engager dans la démarche d’ici cinq ans et la totalité d’ici 10 ans. Ce programme vise à compen­ser l’augmentation de CO2 dans l’at­mosphère grâce au stockage car­bone dans les sols.

A ce jour, plus de 6 500 éleveurs se sont engagés dans le projet. La « Ferme laitière bas carbone » ac­compagne les éleveurs, tout d’abord en leur permettant de réaliser un diagnostic de leur exploitation avec l’outil CAP’2ER. Le premier niveau de diagnostic a pour objectif de sen­sibiliser, le second, avec une ana­lyse plus poussée, permet d’identi­fier avec les exploitants les marges de progrès qui peuvent être réalisés pour réduire leur empreinte carbone.

Des enjeux qui feront les prix de demain

Les initiatives peuvent être por­tées par différents organismes. Le Criel du Centre a par exemple mis en place la démarche. 140 diagnos­tics ont été réalisés, soit 15 % des exploitations de la région, sur fi­nancement du Cniel et de la Région Centre-Val de Loire.

L’entreprise coopérative du Grand Ouest, Laïta, s’est aussi en­gagée dans la démarche. 2 000 éle­veurs ont déjà reçu le premier ni­veau de diagnostic, l’entreprise sou­haite toucher 100 % des produc­teurs de lait de sa zone et atteindre les 3 000 avant la fin de l’année. Le groupe Danone, qui représente 4 % de la collecte française, s’est pour sa part donné comme objectif d’atteindre le zéro net carbone d’ici 2050, à l’échelle mondiale, depuis la COP21. En 10 ans, l’entreprise a déjà réduit son empreinte de 42 %.

Au-delà de répondre aux préoc­cupations environnementales de la société civile, Gilles Durlin, vice-président de la FNPL, voit aussi dans la démarche une manière de retrouver de la valeur pour les éle­veurs. « Le marché du lait frais est mature, voir presque saturé, avec beaucoup de références », rappelle-t-il. Pour les industriels, l’aspect environnemental, la qualité ou la provenance de leurs produits, de­vient de plus en plus un argument de vente. « Demain de nouveaux su­jets vont s’installer, c’est à nous de les prendre en main, d’écouter tous les murmures des consommateurs, des industriels, car c’est ce qui va faire la valeur et le prix du lait de­main », conclut Gilles Durlin.

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