AG JA 47 : JA n’avancera ni sous la menace ni sous la contrainte

27 février 2018
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L’Assemblée Générale des Jeunes Agriculteurs s’est déroulée mercredi 7 février dernier au Lycée Etienne Restat de Sainte-Livrade. Cette matinée avait pour thème les contraintes environnementales… Au lendemain du renouvellement du Glyphosate pour 5 ans par la Commission européenne et de l’annonce du souhait émis par le Gouvernement français d’en sortir d’ici 3 ans, les JA 47 ont souhaité prendre le taureau par les cornes et anticiper… Anticiper, oui, mais pas à n’importe quel prix… Grand absent de ce rendez-vous annuel, Valentin GULAREK, Président des JA 47 ne pouvait être présent puisque ce dernier avait rejoint la capitale parisienne pour une seconde réunion au Ministère de l’Agriculture sur le sujet des Zones défavorisées, sujet suivi sans faille depuis plus d’un an par JA 47. C’est donc Jean-Charles ROSSI, Vice-Président et Benjamin DUPIN, fraîchement élu Secrétaire Général qui ont mené avec brio cette Assemblée.

Dans son discours d’introduction, Jean-Charles ROSSI a remercié le Lycée de Sainte-Livrade pour son accueil, ainsi que l’ensemble des partenaires agricoles pour leur soutien et leur travail quotidien dans la défense de la profession agricole. La parole a ensuite été donnée à Benjamin Dupin pour présenter le traditionnel rapport d’activité de JA 47. Ce dernier a tout d’abord regretté de trop nombreuses absences, notamment de nos politiques départementaux. Seulement un Député sur trois représenté, cela est bien triste…

Une année placée sous le signe de la détermination…

L’année 2017 fût riche de rencontres et de dossiers soutenus. Nul besoin de rappeler ici l’ensemble des actions menées, mais les victoires syndicales ont été nombreuses… Annulation de l’arrêté Zones vulnérables 2012 grâce à une mobilisation des JA et des FDSEA de l’ensemble du bassin Adour Garonne, classement des fossés et des cours d’eau en cours sur l’ensemble du département de Lot-et-Garonne, mobilisation et négociations sans faille des JA 47 et de la FDSEA 47 sur le nouvel arrêté BCAE qui a permis de limiter la casse et de faire du Lot-et-Garonne le seul département de Nouvelle Aquitaine à ne pas classer les fossés en BCAE (obligation de bandes enherbées de 5 m de chaque côté), mais aussi à prendre en compte, chaque année les évolutions de classement des linéaires d’eau… Bref JA 47, appuyés par la FDSEA 47 ont fait du classement des cours d’eau un de leurs dossiers phares : «  nous voulons assurer la sécurité juridique des exploitations agricoles et ne pas laisser l’administration seule décider… un fossé, un cours d’eau, tout change !!  » a rappelé Benjamin DUPIN.

 

Jean-Charles ROSSI a ensuite enchainé : «  Nous souhaitons tous vivre de notre métier, ce métier qui fait vivre tout un secteur de l’économie française, mais pas à n’importe quel prix… Nous sommes régulièrement mis sous le feu des projecteurs, nous sommes régulièrement traités de pollueurs et d’empoisonneurs mais nous sommes juste les architectes des paysages qui font la fierté de la France…  Nous sommes juste le premier maillon des

puissances agro-alimentaires qui emploient 490 000 salariés pour un chiffre d’affaires total de 172 milliards d’euros… En fait, nous sommes juste les garants de la souveraineté alimentaire de notre pays. Bah oui, pas de pain sans blé, pas de blé sans paysans… mais des paysans sans blé !!  » Après s’être une nouvelle fois étonné de la répartition des marges dans les filières agricoles notamment dans la filière laitière «  Il faudra qu’on m’explique comment un litre de lait en supermarché en 2001 coûtait 55 cts dans les rayons et était payé 25 cts au producteur, et que, 17  ans plus tard, ce même litre de lait à 77 cts dans les rayons est rémunéré 24 cts au producteur…  », ce dernier est revenu sur les débats à sens unique de ces derniers mois «  tout le monde voit de quoi je veux parler évidemment. Les agriculteurs ont déjà réalisé de nombreux efforts concernant l’écologie et notamment la réduction des produits phytopharmaceutiques. Nous soutiendrons l’ensemble des initiatives et des solutions qui seront proposées, dès lors que ces dernières seront économiquement acceptables… Parce que la société le veut et que les lois l’exigeront tôt ou tard, nous devons d’ores et déjà anticiper ces évolutions afin qu’elles deviennent une véritable force pour nos exploitations…  » … Le cadre posé, Jean-Charles ROSSI a donné la parole au premier intervenant de la matinée, Benjamin SAINDON de la société Aqua phyto.

 

Filtration de l’eau rime avec réduction des doses !

Créée en 1990, l’entreprise Aqua Phyto est spécialisée dans le traitement de l’eau et met en place des stations de filtration afin de réduire les traitements phytosanitaires. Plusieurs études montrent que seulement 10 à 15 % du produit atteint sa cible, mais où passent donc les 85 % de produits qui ne font pas effet ? Les solutions proposées par Aqua Phyto sont simples et passent par la maîtrise de l’eau, à savoir, maîtriser son pH en le rendant le plus neutre possible afin de l’adapter au pH de la matière active qui devient ainsi plus soluble, augmenter sa conductivité tout en la tempérant selon les préconisations du fabricant. Mais pour tout traitement, il faut également respecter la concentration de matière active selon les volumes d’eau pulvérisés ou encore respecter les conditions climatologiques au moment des passages… Bref, de nombreuses solutions qui ont été proposées au public présent, et qui, moyennant un investissement d’environ 20 000 € permettent une économie de 50 % sur les factures des produits phytosanitaires…

Après un débat où chacun a pu exprimer son point de vue, le second intervenant, Damien FACCI de la société Koppert a pris la parole sur le sujet du biocontrôle en cultures extérieures…

Qu’est-ce-que le biocontrôle ?

Cet ensemble de méthodes de protection des végétaux par l’utilisation de mécanismes naturels est en pleine expansion en France. Reposant sur la gestion des équilibres des populations d’agresseurs plutôt que sur leur éradication, cette méthode tend à se développer. Une demande croissante du consommateur pour une alimentation et une production plus saine permet à la société Koppert de poursuivre son développement. Sa gamme globale associe quatre piliers du biocontrôle, à savoir macro-organismes, micro-organismes, pièges et attractifs ainsi que les substances naturelles. Cependant, il est nécessaire de préciser qu’une solution n’est applicable et utile que si elle peut être efficacement reproduite et distribuée…  Au-delà de l’aspect réduction des produits phytopharmaceutiques, le principe de base du biocontrôle est en pleine expansion…

S’en est suivie la présentation du Service Remplacement de Lot-et-Garonne par Magali GIRAUDON, afin de faire connaître aux exploitants agricoles, mais aussi aux futurs installés, les modalités et les soutiens auxquels ils ont droit… Parce que l’agriculture est une passion certes, mais les agricultrices et agriculteurs ont aussi droit à des temps libres… et à être remplacés en cas de coups durs ou de maladies…

Jeunes Agriculteurs, un syndicalisme de solutions au service des jeunes !

La parole a ensuite été donnée à Monsieur LEGRET, Directeur Adjoint de la DDT, représentant Madame le Préfet retenue à Agen. Ce dernier, après avoir fait un bilan des installations dans le Lot-et-Garonne, a également voulu donner quelques conseils sur la gestion des exploitations agricoles «  sanctionnées par un Jérémie DUTOUR  (représentant JA National) sans concessions «  occupez-vous de faire appliquer les directives gouvernementales, on s’occupe des charges de nos exploitations  ».

Ce dernier a rappelé une fois de plus le rôle de JA dans le soutien à l’installation et l’ensemble de ses actions pour assurer le renouvellement des générations. «  Les structures actuelles deviennent de plus en plus compliquées à transmettre et la nouvelle modulation de la DJA défendue par JA permet aujourd’hui de soutenir financièrement les jeunes pour qui les investissements dépassent 100 000 €  ». JA est avant tout un syndicat de solutions et de propositions et ils l’ont encore démontré lors des Etats Généraux de l’Alimentation… «  JA National a participé à l’ensemble des ateliers de Etats Généraux de l’Alimentation. Sur le chantier, tout le monde a pu s’exprimer… sauf que tout le monde n’est pas agriculteur… Sachez simplement que JA n’avancera ni sous la contrainte, ni sous la menace… Nous produisons des produits en qualité et en quantité totalement respectable, et nous poursuivrons…  » avant de rappeler l’échéance électorale de début 2019 «  Nous devons nous faire entendre et faire comprendre notre volonté !  ».

Julien ROUGER, Secrétaire Général de JA Nouvelle Aquitaine, avait également tenu à faire le déplacement en terres lot-et-garonnaises ! Ce dernier a tenu à revenir sur un seul dossier, fer de lance de JA : l’installation. «  L’installation et la transmission manquent de coordination, c’est à nous, JA, de reprendre en main ce dossier ! Nous devons nous battre, parce-que sans JA, le renouvellement des générations est compromis !!  »

En Lot-et-Garonne, JA 47 et FDSEA bossent les dossiers !

Jacques CHAPOLARD, venu en invité, a ensuite pris la parole pour rappeler que le rôle des syndicats FDSEA et JA 47 est avant tout de former et d’informer avant d’ajouter «  pourquoi seulement la moitié des installations en Lot-et-Garonne sont aidées ? Agriculteur est un métier, nous devons nous regrouper et ne pas rester seul sur nos exploitations, vous n’êtes pas les seuls à avoir des problèmes, ensemble nous pouvons les résoudre !! Ce matin est encore l’occasion de le démontrer ! Koppert, Aqua Phyto proposent des solutions innovantes, mais personne ne le sait ! Regroupons-nous, nous ferons avancer les choses !!!  »

C’est au nouveau Secrétaire Général de JA 47, Benjamin DUPIN, de clôturer cette matinée. «  Une exploitation sur quatre est aujourd’hui reprise. C’est bien peu ! Il va falloir simplifier le parcours, parce-qu’aujourd’hui, les démarches administratives font peur ! Rajoutés à cela le prix de nos produits et la concurrence des pays d’Afrique du Nord, ça ne donne pas envie. Les EGA sont un bon point de départ en espérant que le projet de loi fasse part de nos demandes ! Nous restons mobilisés sur ce dossier et nous ferons attention à ce que la loi soit bien écrite et surtout bien appliquée ! Ce n’est pas parce-que nous n’avons pas de caravane jaune que nous ne travaillons pas ! Parce-que si le dossier des Zones Défavorisées Simples en est là aujourd’hui, c’est bien grâce à notre réseau FDSEA / JA !! Nos aînés ont construit des syndicats forts ; alors, certes il y a eu des faux pas, nous en sommes conscients… Mais maintenant, c’est à nous de prendre les choses en main pour montrer quelle agriculture nous voulons demain…  »

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