Vives inquiétudes pour l’agriculture française

27 octobre 2016
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Quelles seront les conséquences, de l’accord passé entre l’Europe et le Canada, pour la ferme France ? Le texte, adopté depuis 2014, a été signé le 18 octobre prochain par les ministres européens du commerce. Son application provisoire est prévue dès janvier 2017. Un groupe de parlementaires ( courant de droite et de gauche ) de l’Assemblée nationale demandent plus de temps.

A l’instar du traité transatlantique ( TTIP ) en cours de négociation avec les Etats-Unis, l’accord commercial adopté entre l’Europe et le Canada ( CETA ) depuis 2014, nourrit de fortes inquiétudes quant à son impact, et en particulier en agriculture. Une mobilisation prononcée de députés ( de droite et de gauche ) cherche à gagner du temps afin d’instaurer un débat citoyen sur les enjeux et les risques encourus par le traité. D’ores et déjà approuvé, ce dernier a été signé le 18 octobre prochain, par les ministres européens du commerce. Le 27 octobre, à l’occasion d’un sommet Europe-Canada, le Premier ministre canadien, Justin Trudeau, viendra officiellement valider son application provisoire, prévue dès janvier 2017 après un passage au Parlement européen. S’agissant de la consultation par les parlements nationaux, aucune date n’a été, pour l’heure, précisée. Les opposants au texte dénoncent une méthode en douce, traduisant, de fait, une non prise en compte de l’avis des citoyens et des autorités politiques nationales. Dans le secteur agricole, ces mêmes détracteurs évoquent d’importants risques pour les productions françaises et européennes.

Tensions en viande bovine

Dans une conjoncture déjà bien calamiteuse pour les filières d’élevage, les représentants de la section bovine anticipent, d’ores et déjà, un impact aggravé par l’application du CETA. « Le secteur viande bovine a beaucoup à perdre », affirme Jean-Pierre Fleury, président de la FNB à l’occasion du débat organisé à l’Assemblée nationale le mardi 11 octobre. Alors que le marché est saturé, un contingent de 65 000 tonnes, négocié dans l’accord, cristallise en grande partie les inquiétudes. « Ces volumes correspondent à un segment très qualitatif. Pièces dîtes d’aloyau. Ils le vendent à 9 euros le kilo là-bas. Nous, à 14 euros », explique Guy Hermouet, représentant de la section Bovins chez Interbev. Le marché des pièces nobles avoisinerait les 400 000 t en Europe selon Jean-Pierre Fleury. Ce volume canadien pourrait donc perturber considérablement le marché communautaire avec un différentiel de prix en défaveur des productions européennes. « Même avec une taxe de 5 euros, il resterait tout autant compétitif », ajoute Guy Hermouet.

Quid des autres productions ?

Si les échanges, lors de cette rencontre, se sont vus accaparés par les risques encourus dans le secteur des viandes, qu’en est-il des autres productions ? Des arguments « offensifs » c’est-à-dire à l’avantage du Vieux-Continent existent, rappellent d’autres intervenants présents, notamment dans le secteur laitier. Autre avancée notable, la reconnaissance par le Canada de plusieurs dizaines de produits sous indications géographiques protégées ( IGP ). Une reconnaissance qui reste toujours non négociable pour les Etats-Unis. Si le CETA est souvent présenté comme le « petit frère » du TTIP, certaines rumeurs de couloir de l’Assemblée nationale expliquent que c’est l’image de l’Union européenne qui est en jeu. Si, en plus de la cacophonie concernant le traité transatlantique ( TTIP ), s’ajoutait un échec avec le Canada, l’Europe perdrait crédibilité et pouvoirà l’échelle mondiale.

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