La FNSEA et JA avancent leurs solutions pour l’avenir de l’agriculture

22 septembre 2016
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Face à la crise qui perdure et touche l’ensemble des filières agricoles sans obtenir pour le moment de réponse efficace de la part des pouvoirs publics, la FNSEA et JA ont décidé de réunir un meeting syndical à Lamotte-Beuvron, le 1er septembre, pour élaborer un plan d’avenir pour l’agriculture française.

« Pendant que les ministres sont au château, nous on a les pieds sur terre et nous tenons ce meeting pour qu’ils ne nous oublient pas et qu’ils n’oublient pas l’agriculture française ! » : Jérôme Despey, secrétaire général adjoint de la FNSEA, donne le ton du meeting syndical organisé avec Jeunes Agriculteurs ( JA ) le 1er septembre à Lamotte- Beuvron, dans le Loir-et-Cher. La phrase s’adresse au ministre de l’Agriculture Stéphane Le Foll, qui réunit au château de Chambord les 1er et 2 septembre une vingtaine de ministres de l’agriculture européens pour évoquer l’avenir de la PAC au sein d’un conseil informel. « Alors qu’il faudrait un conseil formel ! », s’exclame Dominique Barrau, secrétaire général de la FNSEA, qui demande « une autre politique agricole, commune celle-là, qui ne mette pas des embûches partout ». La question de la volatilité doit être au coeur de la PAC 2020, estiment la FNSEA et JA. Pour le président de la FNSEA, Xavier Beulin, « il est temps de changer de pensée ». « La PAC où finalement le seul message est le marché, que le marché, et rien que le marché, eh bien ça ne marche pas. L’agriculture est un terreau vivant. Aucune autre corporation n’est soumise à de telles tensions » poursuit-il, insistant sur la nécessité de prévoir de véritables outils de gestion de crise.

Stratégie syndicale

De la même manière, les propositions structurelles portées par la FNSEA et JA devront être mieux entendues par les politiques, en particulier dans la perspective des élections à venir. « Une feuille de route sera présentée aux candidats à la présidentielle dans les deux mois qui viennent », précise d’ailleurs Christiane Lambert, vice-présidente de la FNSEA. Le syndicalisme agricole entend bien être moteur dans la recherche de solutions, car comme le rappelle Jérémy Decerle, « les politiques peuvent moins pour nous que par le passé. Quand nous traversons des crises, nous avons le réflexe syndical de chercher les responsables et de s’en prendre à eux. Nous avons raison, mais ça ne suffit plus. Les leviers majeurs sont entre nos mains ». Les deux organisations avancent ainsi plusieurs mesures dont, en premier lieu une construction plus équilibrée du prix, avec une prise en compte des coûts de production, des OP plus fortes car regroupées, et une sensibilisation des consommateurs à la valeur des produits français. Pour la compétitivité, la réduction des charges et des normes reste une des demandes fortes de la profession, qui souhaitent aussi une fiscalité pluriannuelle. L’innovation doit également être favorisée, au-delà du principe de précaution qui empêche le secteur de se moderniser davantage. Enfin, les organisations mettent l’accent sur l’installation, qui doit être particulièrement aidée en cette période de crise, à travers des outils de régulation du foncier, un véritable statut de l’agriculteur professionnel et des avantages fiscaux.

Accompagnement individuel

Mais la FNSEA et JA n’oublient pas qu’après cette année catastrophique, toute une série de mesures d’urgence s’imposent : prise en charge des cotisations sociales, dégrèvement de la TFNB, mesures exceptionnelles pour éviter l’effondrement du système assuranciel, accès aux prêts de trésorerie, prise en charge des intérêts des prêts, année blanche, aides exceptionnelles de l’UE, ou encore versement de l’avance de trésorerie des aides PAC 2016. Pour Xavier Beulin, président de la FNSEA, une attention particulière doit cette année porter sur l’accompagnement individuel. Il demande notamment la prise en charge par l’Etat d’un fonds de garantie, pour permettre aux agriculteurs de renégocier leurs prêts en apportant une garantie aux établissements bancaires. Une proposition que le Crédit Agricole porte d’ailleurs avec le syndicalisme. Enfin, conscient de la gravité exceptionnelle de la crise et des drames qu’elle peut entraîner, Xavier Beulin a tenu à lancer, aux quelques 800 responsables agricoles réunis devant lui, un appel à « aller vers les plus vulnérables », ceux qui n’osent pas parler de leurs difficultés, pour « leur proposer un conseil, un appui ».

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