Les producteurs voient rouge

9 juin 2016
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Hélène Daros, et Danièle Marcon, productrices de tomates, et Paysans de Rougeline,  ont participé aux opérations de contrôle des prix en GMS et nous ont confié leur ressenti.

« Nous sommes producteurs de tomates tous segments confondus et nous connaissons surtout depuis le début du mois d’avril, une mévente de nos produits avec des prix payés producteurs anormalement bas et inférieurs à nos coûts de revient.

Contrôle de prix  dans les GMS

Le 23 mai, et le 25 mai 2016 nous nous sommes obilisés, producteurs du Lot-et-Garonne avec nos collègues de Parentis en Born, pour aller « visiter » de grandes enseignes sur Bordeaux et Toulouse

Cette démarche avait pour but de sensibiliser les chefs de rayon et leurs centrales d’achat de privilégier l’origine France et surtout d’afficher des prix en rayon en adéquation avec les prix d’achats aux producteurs.

Hélas ! Ce n’était souvent pas le cas avec des prix ( producteurs ) multipliés par 4 parfois et des tomates originaires d’Espagne, Maroc ou Pays-Bas.

Ces prix trop élevés ne sont pas attractifs pour le consommateur et ne permettent pas de dynamiser le marché. Les chefs de rayon ou responsables se disent sensibles à notre démarche et ont promis de remonter l’information. Nous leur avons assuré que nos visites jusqu’alors courtoises pourraient se durcir si les choses n’évoluaient pas dans le bon sens !

En effet les agriculteurs français ont fait des efforts et des investissements importants pour assurer au consommateur un produit sain, de qualité et respectueux de l’environnement mais ils ne voient pas leur travail récompensé et certains découragés se demandent comment ils vont pouvoir terminer leur saison financièrement.

On n’ y arrive plus !

Nathalie Binda, Présidente de Cadalbret et productrice de Tomates, invitée par la FDSEA, a participé à la rencontre à la Préfecture du 7 juin 2016 dans le cadre de la journée d’action, ce qui lui a permis de présenter les difficultés du marché de la tomate et la situation des producteurs découragés et inquiets pour l’équilibre économique de leurs exploitations. En effet, ce secteur fortement employeur de main d’œuvre, réalisant des investissements lourds, ne peut supporter de vendre un produit de qualité au-dessous de son prix de revient.

« Nous sommes en crise, je ne vois pas comment notre moyenne tomate peut remonter avec un mois d’avril mauvais et pire pour mai ! ! Nous sommes descendus beaucoup trop bas ! !

La climatologie n’est pas favorable pour nous, mais la tomate étrangère n’arrange rien, beaucoup trop de charges pour nous français qui faisons partis de l’Europe on ne peut pas continuer ainsi !

Cela devient très compliqué, nous avons beau tout mettre en œuvre pour avoir des coûts de production très bas, on n’ y arrive plus ! »

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