« Le made in France » fait de moins en moins recette

26 mai 2016
Made_in_france

Les Français mangent plus de volailles tout en consommant moins français et européen. Mais surtout, la France produit moins, exporte moins et importe plus.

« Au mois de février 2016, les exportations de viandes et préparations de volailles sont en fort repli ( - 6 % ), sous l’effet de la baisse importante des livraisons de viandes de poulet ( - 8 % ) et dans une moindre mesure de viandes de dinde ( - 2,1 % ) ». Les derniers chiffres connus du commerce extérieur publiés ce mois-ci par le service de la statistique et de la prospective du ministère de l’Agriculture ( SSP ) témoignent, une nouvelle fois, la dégradation structurelle des filières avicoles. La France est le quatrième pays européen exportateur de viandes de poulet avec plus de 400 000 t, loin derrière les Pays-Bas et la Pologne. Mais son positionnement commercial est quelque peu paradoxal. Malgré la fin des restitutions à l’export, les ventes vers les pays tiers ont progressé en huit ans de  68 800 t équivalent carcasse ( tec ). La France est le premier exportateur européen de viande de poulet hors de l’Union. Mais les livraisons vers l’UE ont diminué de  17 000 tec et les importations ont crû de  205 000 tec. « Le succès de la viande de poulet auprès des consommateurs ne se dément pas : prix raisonnables, absence d’interdit religieux et bonnes qualités gustatives », souligne le SSP. Mais les Français mangent plus de volailles tout en consommant moins français et plus européen. Et c’est sur le marché européen que la France s’est approvisionnée pour faire face à la hausse de la consommation de viandes de volailles, hors domicile essentiellement. Depuis 2007, les importations de poulets de Pologne ont été multipliées par six et celles d’Allemagne par 2,6 et des Pays Bas ont progressé de 80 %.

Concurrence européenne

Toutes espèces confondues, la production française décline depuis 2007, hormis celle de poulets. Celleci stagne mais la consommation de viande a augmenté de 33 % en 8 ans. 4,3 poulets consommés sur 10 ne sont pas produits en France
contre 3,5 en 2007 ! Pour les autres volailles, les soldes production/ consommation se sont détériorés. Fortement pour la dinde et de façon plus mesurée pour les canards. Mais surtout, la production de viande de dinde ( -25 % ) a baissé plus vite que la consommation ( -12 % ) sur la période. Résultat, la France exporte 44 % de viande dinde en moins ( 84 000 tec contre 150 000 tec ) mais elle importe 23 % de plus.  La Pologne et l’Espagne ont multiplié par quatre leurs ventes et l’Allemagne a augmenté les siennes de 65 %. Même si le marché à l’import français porte sur des volumes 10 fois moins élevés que le poulet, cette évolution est significative. Pour la viande de canards, la tendance est similaire. La consommation a reculé de 8 % mais les importations ont augmenté de 29 % et les exportations ont baissé de 22 %. Le recul concerne surtout l’Union européenne ( - 13 200 tec ). Sur un volume plus restreint,  les ventes vers les pays tiers accusent seulement une légère baisse ( - 600 tec ). En Europe, la contraction est particulièrement marquée vers l’Allemagne, le Royaume-Uni et l’Espagne. Les importations « progressent notamment en provenance des fournisseurs historiques de la France, comme la Bulgarie et la Hongrie ( plus de  900 tec supplémentaires chacun ), mais aussi depuis la Belgique qui double ses expéditions, soit un millier de tec de plus », souligne le SSP. La viande de pintade fait exception. La diminution des achats des Français depuis 2007 a été intégralement compensée par des exportations en hausse de plus de 119 %.

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