Une pétition symbole d’un consensus fort

10 mars 2016
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Les principales organisations de producteurs, dont la FNSEA à l’initiative de la démarche, et les associations de consommateurs UFC-Que Choisir et Familles rurales ont signé, au Salon de l’Agriculture le mercredi 2 mars, la pétition en faveur d’un étiquetage obligatoire sur les viandes. Le Commissaire européen Phil Hogan présent le même jour au Salon a rencontré Xavier Beulin et d’autres représentants agricoles. Une dérogation pour la France pourrait être prise.

C’est d’une seule voix que les organisations agricoles, dont la FNSEA à l’initiative du projet, et les associations de défense des consom­mateurs UFC-Que Choisir et Familles rurales ont signé, le mercredi 2 mars au Salon de l’Agriculture, la pétition pour rendre obligatoire l’étiquetage des viandes transformées.

Plus d’un produit transformé sur deux ne men­tionne pas l’origine, rapportent ces groupements. « C’est une première pour nous, organisations profes­sionnelles, de cosigner avec des associations de consommateurs », déclare Christiane Lambert, vice-présidente de la FNSEA. Signature historique pour sauver un secteur au cœur d’une crise elle aussi historique. « Vous êtes le premier maillon de la chaîne », s’adresse ainsi Alain Bazot, président d’UFC-Que Choisir, aux différents représentants des orga­nisations agricoles : FNSEA, JA, Coop de France, et les associations spécialisées ( FNB, CFA, FNO, FNPL ) présentes, saluant une pétition « d’une très grande importance ».

Selon lui, la réglementation européenne trop « laxiste » a autorisé une opacité totale sur l’approvisionnement de la viande transformée, faisant référence au scandale de la viande de cheval trois ans auparavant et de ses 550 tonnes soit quatre millions de plats vendus. « La majorité des industriels et des acteurs de la distribution avancent masqués », affirme-t-il, où « 65 % de la volaille et 37 % du porc pour les jambons » ne sont toujours pas ren­seignés quant à leurs origines dans les plats.

Selon lui, cette absence d’étiquetage ne s’explique pas par la prétendue complexité de son appli­cation ou par les éventuels surcoûts. Des marques comme « Marie » ou « Le Gaulois » le pratiquent, preuve qu’il est possible de le mettre en place.

Dénonçant plutôt « un choix délibéré de l’opacité » par ces acteurs, qui décident volontairement de ne pas exaucer un souhait évident du consommateur. Car oui, étude à l’appui, les consommateurs veulent la transparence et donc la traçabilité des produits. « L’étude publiée la semaine dernière démontre bien que le prix n’est pas le premier critère de choix mais bien l’origine de la viande », indique Dominique Marmier, président de Familles Rurales. Les deux-tiers des familles déclarent ainsi ne pas connaître les origines des viandes, et avouent même émettre une forte incertitude vis-à-vis de la viande brute, dont l’étiquetage est pourtant rendu obligatoire. Car au-delà de l’origine, les enjeux portent sur la santé publique, rappelle le président de l’association. « Ce n’est pas du protectionnisme » explique pour sa part Michel Prugue, président de Coop de France, le consommateur a le droit « de savoir pour choisir ».

Commission européenne : une dérogation pour la France

Alors que le prochain Conseil des ministres de l’Agriculture se tiendra Commissaire européen Phil Hogan est venu discrètement visiter le Salon le mercredi 2 mars. Xavier Beulin et plusieurs autres représentants agricoles, dont le président des Jeunes agriculteurs ( JA ) Thomas Diemer, et Michel Prughes, président de Coop de France, l’ont rencontré pendant plus d’une heure. « A titre personnel, Phil Hogan se dit favorable à l’étiquetage. Une dérogation pour la France pourrait même voir le jour », annonce Xavier Beulin. Un rapport devrait ensuite être transmis « au bout d’un an » pour constater l’efficacité du dispositif. « On progresse quand même » souligne le président de la FNSEA, prévenant que cette mesure devra d’abord être approuvée par les Commissions de la concurrence et de la santé. « Quelque chose me dit que si la France marque un point, d’autres pays vont nous rejoindre », anticipe-t-il avec optimisme. Car au travers de cette pétition et de cet étiquetage c’est bien la relation producteur/consommateur que ces organisations veulent renforcer et défendre coûte que coûte.

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