Personne n’oubliera 2015

29 janvier 2016
Mannif_2015

Chacun a été blessé et meurtri par les actes barbares et ignobles commis sur notre territoire. Ce terrorisme aveugle et sauvage nous interpelle, tous. Il révèle la chance, parfois oubliée, de vivre dans un pays de liberté, dans une démocratie apai­sée, dans une République vivante, ouverte, garantissant à chacun l’épanouissement personnel, la dignité et le respect. Il révèle aussi, une grande fragilité de notre société face à l’insécurité, face à la difficulté de construire le vivre ensemble, face aux fossés qui se creusent entre citoyens de notre pays.

Dans nos territoires ruraux, le scrutin régional a, lui aussi, mis en évidence un profond malaise et un désespoir croissant. Chez nombre d’agriculteurs, il y a un doute sur sa propre utilité, voire sur son propre avenir et sur sa place dans la société actuelle.

Plus de 500 manifestations, le plus souvent décidées et organisées localement entre mars et octobre - du jamais vu !- témoignent des difficultés extrêmes rencontrées en particulier dans l’élevage.

Tout le réseau FNSEA et JA, aura été mobilisé du local au national. Dans le même temps, les Associations spécialisées ont éga­lement « ferraillé » durant toute l’année pour obtenir un rééquilibrage économique au sein des filières, une meilleure valorisation des productions, bref un revenu décent et juste.

De son côté, avec JA, la FNSEA a pu arracher le 3 septembre, un plan d’urgence articulé en deux volets :

• un volet financier au travers du FAC, des prises en charge de cotisations MSA, et d’accès à l’année blanche pour les annuités bancaires.

• un volet plus structurel en 3 points : d’une part la mise en œuvre d’une nouvelle méthode d’élaboration des normes et régle­mentations - dans le strict cadre européen, ni plus ni moins ; d’autre part une fiscalité plus incitative ; enfin un soutien accru à l’investissement et à la modernisation.

 

De son côté la commission européenne s’est tout juste contentée de mettre une enveloppe de 63 Millions d’euros pour la France, tout en refusant la moindre ouverture sur nos demandes de dispositifs de gestion de crise. Sur ce point d’ailleurs, comment ne pas s’étonner de la procédure d’enquête ouverte par cette même commission, suspec­tant des comportements anti-concurrentiels relatifs aux tables rondes par filières tenues au cours de l’été ?

Dois-je rappeler que ces tables rondes ont été toutes convoquées par le ministre lui-même ? Dois-je rappeler que le rôle de la FNSEA était bien de démontrer que les prix payés aux éleveurs ne couvraient plus – loin s’en faut – leurs coûts de production ? Dois-je rappeler qu’en pareille circonstance, il s’agissait aussi de palier un manque cruel de réponse de la commission, par exemple face à l’embargo Russe ? Dois-je rappeler que nous parlons de la vie d’hommes et de femmes ayant la passion de nourrir en faisant correctement leur métier ?

Depuis ce 3 septembre, hélas, la situation a continué de se dégrader, avec des prix toujours plus bas. C’est le cas pour l’élevage, mais aussi pour les grains. Sans parler des deux épisodes sanitaires dont on se serait bien passé et d’un début d’hiver trop clément qui plombe le cours des légumes.

La FNSEA a tenu un Conseil fédéral extraordinaire en décembre, au cours duquel tous les sujets ont pu être abordés, sans concession, sans langue de bois et de ce fait, la feuille de route pour les 6 prochains mois est tracée.

D’abord nous exigeons que tous les enga­gements ( notamment sur le sujet normes et réglementations ) pris par le Premier Ministre le 3 septembre, soient tenus.

Parallèlement nous demandons qu’une mesure de baisse de charges significative et immédiate soit prise par le gouverne­ment. Il en va de l’avenir de nombreuses exploitations.

Par ailleurs, les prix à la consommation n’ayant pas diminué, il est évident que des centimes par Kg de viande ou par litre de lait se « baladent » quelque part entre la transformation et la distribution. Ces cen­times doivent revenir aux paysans coûte que coûte. Nos voisins européens ont été imaginatifs, à nous de l’être aussi. C’est une question de survie !

La FNSEA s’engage à ne rien lâcher pour accompagner les situations difficiles, s’engage à continuer son travail de recherche de solutions durables avec ses partenaires et émet le souhait qu’une oreille politique à Paris ou à Bruxelles se saisisse enfin des problèmes posés aux agriculteurs.

Vous l’aurez compris chers collègues, chers amis, en ce début d’année notre détermina­tion reste entière. Ce ne sont pas des vœux mais bien des engagements que la FNSEA entend faire aboutir.

 

 

Bonne année à tous et à ceux que vous aimez.

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