L’avenir radieux de la Luzerne

22 janvier 2016
Luzerne

Face à une demande exponentielle en protéines végétales dans le monde pour nourrir les hommes et animaux, la luzerne est en mesure de prendre sa part à la satisfaction de ces besoins croissants.

Accident de parcours en 2015, la luzerne a subi de plein fouet la sécheresse qui a frappé la France. En effet la production a diminué de 10% à un peu plus de 700 000 tonnes, malgré une légère augmentation des surfaces. Néanmoins grâce à la pérennisation du plan protéines dans le cadre de la PAC 2015/2020 et l’insertion de la luzerne déshydratée dans les surfaces d’intérêt écologique, la luzerne est en mesure de retrouver un second souffle. D’autant plus que le marché est très porteur. Reste encore à mobiliser le deuxième volet du plan protéines pour les industriels pour finaliser le développement et la modernisation de la filière en France.

 Ainsi que le rappelait Jean-Pol Verzeaux, le président de Coop de France Déshydratation, à la veille de l’Assemblée générale, les 16 et 17 décembre, le monde a envie de changer son alimentation et d’acqué- rir les standards occidentaux de consommation, Europe et Etats-Unis notamment. L’augmentation vertigineuse de la population mondiale associée à l’élévation du niveau de vie moyen des peuples conduit à une demande toujours plus forte de viande et de produits laitiers. Ainsi risquons-nous de manquer de protéines pour nourrir les animaux. Selon les calculs établis par l’Inra à l’horizon 2050, ce sont près de 180 millions d’hectares supplé- mentaires qu’il faudrait affecter à la production de plantes riches en protéines, souligne le président.

 

Chine et Moyen Orient

 

D’abord pour satisfaire les besoins en protéines de l’Europe. Notre continent est toujours fortement déficitaire en plantes à protéines y compris de luzerne pour nourrir les vaches laitière du nord de l’Europe. En 1973, l’Union européenne importait 73% de ses besoins. Après plus de 40 ans, la donne n’a guère changé: elle importe toujours 70%, sur des volumes qui ont bien entendu explosés. Quant à la Chine qui drainait 60 % des exportations de soja en 2014 elle pourrait en engranger 75% cette année. Et sur la luzerne précisément, ses achats sont passés de 200 000 tonnes annuelles, il y a trois ans, à 100 000 t mensuelles en 2015. Tout cela accompagné d’un programme de recherche très ambitieux doté de 20 millions d’euros pour développer la production de matières riches en protéines pour l’alimentation animale piloté par l’Inra. Le Moyen-Orient est déjà un acteur important du marché de la luzerne et un client privilégié de la France, notamment l’Arabie Saoudite. Face à l’épuisement des nappes phréatiques, le pays a décidé de mettre un terme à l’irrigation des cultures notamment celles de céréales et de luzerne. Ce qui devrait offrir de nouveaux débouchés à notre pays.

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