Coup bas pour la compétitivité française

22 janvier 2016
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« Les dispositions juridiques nationales en matière de droit du travail et de droit de la protection sociale conduisent aux écarts de coût du travail » révèle le dernier rapport, du 16 décembre, de l’Inspection générale des affaires sociales et du conseil général de l’alimentation, de l’agriculture et des espaces ruraux (CGAAER) sur les écarts de com- pétitivité liés au coût du travail entre différents pays européens.

En comparant la France avec sept autres pays européens (Allemagne, Belgique, Danemark, Espagne, Italie, Pays-Bas, Pologne) sur la période 2003-2013, le constat est sans appel : La France perd en compétitivité sur l’ensemble de ses produits agricoles. Les parts de marché régressent d’année en année passant de 8% à 4% pour les fruits frais, de 2,24% à 1,25 % pour les produits horticoles, de 44% à 34% pour les vins français. En viande de boucherie (bovine et porcine), les volumes exportés sont restés globalement stables même si les importations ont pour leur part augmenté de + 21% en provenance d’Allemagne et d’Espagne principalement. Les parts de marché ont reculé de 11% à 9 %. Le rapport juge cette perte de compétitivité « préoccupante » à l’instar de la multiplication par 16 des importations de viande de volaille en provenance de Pologne en l’espace de 11 ans. Comment expliquer cette dégradation de la situation française ? Le pays reste toujours leader européen avec près de 66 milliards d’euros de production agricole. Mais pour combien de temps encore ? Le texte publié par le CGAAER précise que le coût du travail a augmenté sur l’ensemble des pays étudiés, et que les pays à faible coût de main d’œuvre ont « tous connu une phase de rattrapage correspondant à une élévation du niveau de vie ». Pour exemple, le différentiel de coût du travail entre la France et l’Espagne est passé d’un rapport de 1 à 2 en 2004 à un rapport de 1 à 1,6 en 2012.

 

Coût salarial dans la production de viandes

 

En viande de boucherie, depuis 2008, le coût moyen annuel du personnel a fortement évolué aux Pays-Bas (+ 21,5 % passant de 35 400 à 43 000€/salarié) et en France (+ 14,2 % de 34 400 à 39 300€). La progression est plus modérée en Italie (+ 6,5%), en Belgique (+ 5%), en Allemagne (+ 2,1%), et en Espagne (+ 1,5%). Au Danemark, l’évolution est négative mais reste la plus élevée (à 43 800€). Notons qu’en Pologne, le montant atteint est le plus faible d’Europe avec 8 700€. La France reste le pays où la part employeur des charges sociales est la plus élevée en pourcentage des dépenses de personnel avec 30,5% contre 28,7% en Belgique. Les deux pays les plus bas sont l’Allemagne (17,1%) et le Danemark (10,8%) car une part importante est prise en charge par le financement fiscal. En viande de volaille (2008-2012), le coût moyen annuel du personnel a évolué en Italie (+ 23,1 %) à 30 400€, suivi de la France à 37 000€ (+ 14,6%) (Pologne (+ 6,5% à 9 900€) et l’Allemagne (+ 5%) à 27 000€). L’avenir de l’abattage et de la découpe de viande porcine se dessine, selon les conclusions du rapport, vers une « spécialisation avec naissance des porcs chez les uns, engraissement, abattage et découpe chez les autres ».

 

Dispositifs juridiques nationaux

 

 Les disparités entre la France, l’Espagne et l’Allemagne en termes de coût du travail et des charges sociales sont jugées « incontestables » dans ledit rapport. Ainsi, le coût du travail dans le secteur de la production de fruits, de légumes et de l’horticulture est « le plus élevé des trois pays » à 12,4€/heure sur la période 2008-2013 (contre 6,9€/heure en Espagne et 7,9€/heure en Allemagne). Selon l’avis des experts auteurs de la publication, les salaires minima sont « le déterminant premier du coût du travail ». La France possède les salaires horaires les plus élevés après le Danemark à 9,43€ (deux fois plus que l’Espagne, quatre fois plus que la Pologne et 27% de plus que l’Allemagne). La mise en place progressive au 1er janvier 2015 d’un salaire minimum national en Allemagne atteindra sa valeur définitive à 9,10€ au 1er janvier 2017. Cela tendra à réduire les écarts. Par ailleurs, la protection sociale jugée « élevée » en France et le recours massif des pays voisins à de la main d’œuvre étrangère accentueront les écarts de coûts salariaux. Le rapport informe que la France « ne dispose pas de données sur la main d’œuvre étrangère ». L’étude souligne les distorsions de concurrence en raison d’une compétitivité-coût mais les caractéristiques des systèmes de production ou de transformation font également partie des facteurs explicatifs.

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