Succès de la COP 21 : L’agriculture à l’honeur

22 janvier 2016
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Tous les pays réunis à Paris ont dit oui pour limiter le réchauffement climatique en deçà des deux degrés. Pour autant, seule la concrète mise en œuvre de cette signature commune la rendra historique. L’agriculture dans son ensemble peut se féliciter d’avoir entrepris de nombreuses mesures contribuant à limiter les émissions et les pertes énergétiques.

La quasi majorité des acteurs engagés, ONG, entreprises et Etats considèrent le texte adopté comme un des meilleurs compromis possible entre les enjeux climatiques et la responsabilité inhérente à chaque pays concerné. Un accord politiquement contraignant à défaut de l’être juridiquement a mis en valeur l’important effort déployé par la diplomatie française qui s’est échinée à rendre ce succès possible. Le socle est donc bâti, le futur dira si ces engagements auront été suffisants.

Le secteur agricole n’est pas en reste et a pu démontrer sa forte implication à travers de multiples initiatives. A la fois co-responsable des émissions et principale victime, des solutions existent en son sol. Le projet 4 pour 1 000 en est le porte étendard et a servi de vitrine durant tout le déroulé de la COP21. Cette étude de l’Inra vieille de 15 ans et ressuscitée, a le double objectif de lutte contre le réchauffement et de la sécurité alimentaire, en ciblant la séquestration carbonique par le biais de nouvelles pratiques agricoles. Ainsi l’agriculture pourrait contenir la hausse des températures de la planète en deça de 2°C d’ici la fin du siècle, voire la limiter à 1,5 °C. Son engouement trouve un écho planétaire. Une centaine d’organisations et de pays a d’ores et déjà signé la déclaration d’intention et des pays comme la Chine se disent intéressés. L’initiative a été intégrée dans le plan d’action Lima-Paris.

Des efforts à tous les niveaux

 

Le secteur de la filière élevage aussi fait des efforts importants pour réduire sa contribution négative sur le climat. C’est le cas de la filière laitière qui s’est engagé à réduire de 25 % ses émissions de GES dans le cadre de son programme Cap2R. Ou de la filière viande bovine qui s’est donnée comme objectif de réduire l’empreinte carbone de 15 % au cours des dix prochaines années. Dans l’alimentation animale, « il y a un vrai travail entrepris dans la formulation des aliments, et en particulier sur le choix des matières premières », déclare Stéphane Radet du Syndicat national de l’industrie de la nutrition animale (SNIA). Le coût carbone des aliments est causé à 89 % par la composition de ces matières premières. « Concernant la logistique, les tournées de livraisons d’aliments sont modifiées pour éviter au maximum les retours à vide », explique-t-il. La consommation énergétique des bâtiments d’élevage a, selon la source Tecaliman, baissé de 20 % entre 1985 et 2010. Chaque secteur à tous les maillons de la chaîne met en place des procédés d’amélioration.

Chez les producteurs d’engrais également, la réduction des émissions de gaz à effets de serre est notoire. « Près de 75 % de baisse dans la production française (CO2 et N2O compris) depuis 2005 » déclare Gilles Poidevin, délégué général de l’Union des industries de la fertilisation (Unifa). L’instauration de catalyseur et de grillage à base de platine et de métaux semi-précieux ont éliminé quasi 100% des rejets de protoxyde d’azote (N20) dans l’atmosphère. Par ailleurs, l’économie circulaire est promue dans le secteur des fertilisants avec plus d’un million de tonnes de produits qui sont issus du recyclage. Chez les semenciers, l’atténuation et l’adaptation sont de mise avec la recherche permanente de nouvelles variétés plus résilientes. L’exemple de la betterave symbolise ces avancées en matière de productivité grâce aux progrès de la science.

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