La confiance oui, la contrainte non

23 décembre 2015
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Les céréaliers demandent aux Pouvoirs publics les moyens d’être libres d’entreprendre. Fin d’année résolument offensive pour l’Association générale de producteurs de blé et autres céréales ( AGPB ).

Sur plusieurs sujets d’actualité : Ecophyto, fiscalité, COP 21, son Conseil d’administration, qui s’est réuni le 17 novembre, a demandé aux Pouvoirs publics de redonner aux céréaliers leur liberté d’entre­prendre. « Nous ne souhaitons qu’une chose, a expliqué Philippe Pinta, président de l’AGBP, produire plus et produire mieux. C’est la seule façon de contribuer, dans les moments anxiogènes que nous connaissons, à la reprise de la croissance dans notre pays et de redonner des raisons de croire en son avenir ».

Nouvelle gouvernance pour Ecophyto 2

Pas question par exemple de rajouter des mesures réglementaires que « les céréaliers ne supporteront pas ». Une allusion directe à la nou­velle version du plan Ecophyto 2, présenté le 26 octobre par le minis­tère de l’Agriculture. Les céréaliers veulent une nouvelle gouvernance sous l’égide de FranceAgriMer qui garantisse la mise en place de mesures véritablement opération­nelles. Pour Philippe Pinta, il est urgent de replacer l’économie des exploitations de grandes cultures et de leurs filières au coeur des préoccupations du plan. Selon lui, la France pourrait s’inspirer de la démarche « pragmatique » adoptée outre-Rhin où des fermes de réfé­rences permettent aux agriculteurs allemands de produire plus avec une moindre empreinte environnementale.

L’AGPB attend également du gouvernement, à travers un amendement dans le cadre du projet de loi de Finances rectifica­tive pour 2015, l’aménagement du dispositif de Déduction pour Aléas ( DPA ) permettant le lissage des revenus céréaliers d’une campagne à l’autre. Le syndicat espère aussi que la réforme territoriale qui va se mettre en place après les élections régionales renforcera la compétitivité des entreprises céréalières par le biais notamment, du dispositif Plan de compétitivité et d’adaptation des exploitations agricoles ( PCAE ). Les céréaliers demandent d’ores et déjà aux futurs décideurs régionaux de rendre opérationnelle une Mesure agroenvironnementale et climatique ( MAEC ) en faveur des zones inter­médiaires. « Le cahier des charges est trop contraignant aujourd’hui, il faut absolument le réviser », a dénoncé Philippe Pinta.

Les céréales, formidables pompe à carbone

S’agissant des discussions qui vont s’ouvrir dans la cadre de la COP 21, la conférence des Nations unies sur le climat qui se déroulera du 30 novembre au 11 décembre au Bourget ( Seine-Saint-Denis ), les céréaliers choisissent également l’offensive. « Face au changement climatique, l’agriculture performante que nous pratiquons est d’abord une solution avant d’être un problème », a indiqué Jean-François Isambert, Secrétaire général de l’AGPB. Et d’ajouter : « les céréales sont une formidable pompe à carbone. Grâce à la photosynthèse, elles captent dans l’atmosphère des quantités de gaz carbonique ( CO2 ) sept fois plus importantes qu’il en est émis pour les produire. Plus le rendement est élevé, plus les céréales captent de CO2 à l’hectare, plus il est restitué de carbone au sol en biomasse résiduelle et paille ».

Pour l’AGBB, il est encore pos­sible d’améliorer cette performance grâce aux solutions techniques ( outils d’aide à la décision, levier génétique ) et la gestion des données ( big data ) sur lesquelles travaillent Arvalis et les autres instituts techniques. « Plus performante sera la pompe à carbone céréalière, plus il sera possible de substituer du carbone végétal au carbone fossile dans les productions de biocarburants, de matériaux renouvelables et dans la chimie du végétal, tout en relevant le défi alimentaire », a souligné Philippe Pinta.

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