Elevages et territoires : la logique gagnant-gagnant

23 décembre 2015
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Les productions animales devraient tirer parti de la réforme territoriale qui se met en place.

« Les territoires ont besoin d’éle- vage et l’élevage doit être soutenu par les territoires qu’il exploite et entretient ». Pour Claude Béranger de l’Académie d’Agriculture de France qui intervenait le 13 novembre à Paris au cours du colloque « Territoires et élevages », pas de doute, les nouvelles dynamiques territoriales résultant à la fois de la création de nouvelles régions, de celles de grandes métropoles et de l’accroissement de la place des intercommunalités, seront un atout pour le développement de l’élevage en France. Ce colloque concluait une série de trois colloques organisés par l’Académie d’Agriculture de France en région dans le cadre des manifesta- tions annuelles consacrées à l’élevage : Space à Rennes, Sommet de l’Elevage à Clermont-Ferrand, Agrimax à Metz. Services multiples aux territoires Les débats ont souligné que l’élevage pourra rendre des services multiples aux différents territoires des nouvelles régions créées. Ainsi, en Auvergne-Rhône Alpes, des tra- vaux réalisés par le Groupe d’intérêt scientifique ( Gis ) Elevages demain montrent que l’élevage participera à la qualité environnementale de la nouvelle région, avec des complé- mentarités entre la partie auvergnate essentiellement source de services de production herbagère, de qualité gastronomique et de contribution à l’emploi et la partie Rhône-alpine où l’élevage valorise surtout la haute valeur naturelle, la biodiversité et la qualité de l’eau. Si l’élevage apporte « un bouquet de services », une question centrale demeure : par qui et comment sont rémunérés ces services pour la plupart non marchands et selon quels critères ou indicateurs ? « La diversité des situations implique une diversité de réponses, tout en gardant à l’esprit que la rémunération de services rendus par l’élevage doit s’inscrire dans une logique de production et non pas s’y substituer », a convenu Gérard Maisse, de l’Académie d’Agri- culture de France qui a réalisé la synthèse des Rencontres de Rennes. Les témoignages ont également soulevé l’importance et l’intérêt de la diversification des productions au sein même des exploitations ou entre exploitations complémentaires pour répondre aux besoins des populations, principalement en zones périurbaines. L’interrégionalité un défi majeur pour le Grand-Ouest « Le renforcement des liens de l’élevage au territoire suppose, pour réussir, la construction d’un projet collectif et une coordination des acteurs, associant les parte- naires publics et privés dans une gouvernance commune », a expliqué Gérard Maisse. Dans le Grand- Ouest, par exemple, le statu quo territorial pour la Bretagne et les Pays de la Loire et la fusion entre les deux Normandie suggèrent de développer, entre les trois régions, une interrégionalité forte en matière d’élevage et de transformation des produits animaux, en s’appuyant sur le pôle de compétitivité Valorial, déjà déployé dans les trois régions. « C’est plus particulièrement dans le domaine de l’exportation des ingrédients et produits alimentaires intermédiaires », a indiqué Gérard Maisse, « qu’un effort conjoint pourrait être fait, en raisonnant tissu économique interrégional, plutôt qu’entreprises leaders à l’international ». Sans attendre leur fusion, les régions Auvergne et Rhône-Alpes ont décidé de concert de soutenir l’élevage à travers des plans de compétitivité à hauteur de 176 M€ pour la période 2015/2020 et des contrats régionaux d’objectifs de filières favorisant la contractualisation ( 400 K€ en 2015 ). « L’élevage demain, il faut le penser mais aussi le financer à long terme », a rappelé Pierre Dupraz, directeur de recherche à l’Inra et animateur du Gis Elevages demain.

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