Bilan positif de la campagne d’irrigation

23 décembre 2015
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Le 5 novembre dernier, la 7e réunion de l’année de l’observatoire de suivi hydrologique, présidée par le préfet Denis Conus, a permis de faire le bilan de la campagne d’irriga­tion de cet été, de présenter les résultats des nombreuses avancées grâce à un travail collectif et de dresser les perspectives de travail en vue d’améliorer encore la gestion de l’eau pour la future campagne.

Le travail d’estimation des besoins en eau, en lien avec le réseau des experts « cultures », s’est poursuivi permettant d’évaluer les consommations d’eau à 114 M m3 pour l’irrigation, proche de l’estimation haute théorique de 125 M m3. Les consommations ont été, en revanche, très importantes durant le mois de juillet, au-dessus de l’estimation haute.

Incidence de la météo

Avec un déficit pluviométrique de 20 %, 2015 reste éloignée des sécheresses de référence de 1976 et 2005 grâce aux pluies de mi-juin et d’août. Une particularité : un mois de juillet très chaud et très sec ( 31 jours sans pluie ), qui a eu des impacts sur les rendements de maïs et tournesol, à la baisse respectivement de 4 et 21 % par rapport à la moyenne 2010-2014. Les premières dégradations ont été visibles en juin. Les pluies de la mi-juin ont permis une remontée des débits, mais ils sont passés en-dessous des seuils d’alerte à la fin du mois. En juillet, persistent des débits faibles et la multiplication des ruptures d’écoulement et assecs sur les axes non réalimentés, sous l’effet conjugué de l’absence de pluie et de la chaleur. Certains cours d’eau ( Lède, Masse de Prayssas ) sont restés, presque tout le mois, sous le débit de crise. La situation s’est améliorée en août sur certains bassins, grâce aux pluies régulières, sans toutefois permettre de remonter au dessus des débits d’objectif.

Le travail, mené collectivement, s’est poursuivi en 2015 pour amé­liorer la connaissance des besoins et de la ressource.

L’enjeu des réflexions collectives engagées est de réduire la vulnérabilité relative constatée en développant de nouvelles ressources, individuelles et collectives, et en optimisant toutes celles existantes. Depuis 2011, dans le cadre du plan départemental des plans d’eau, 74 créations de plans d’eau individuels ont été autorisées représentant un volume supplémen­taire de 1,8 M de m3.

Un travail de terrain a été engagé avec les ASA, gestionnaires des retenues collectives par la mise en place, pour la 1ère année, de l’envoi quotidien des données de débits des stations de la DREAL et de la CACG.

9 visites de terrain ont permis :

- pendant l’été, de vérifier la fiabilité des stations et indicateurs d’état du milieu et de s’entendre collectivement sur des objectifs réalistes, de soutien d’étiage au regard des besoins de l’irrigation, du milieu et des capacités des retenues ;

- après l’été, sur les bassins de la Masse de Prayssas et du Tolzac, de mieux comprendre le fonction­nement hydraulique de la retenue jusqu’à la station de mesure avec l’objectif d’affiner la gestion estivale des lâchers d’eau et de confirmer le bon fonctionnement des stations.

Ce travail avec les ASA est essentiel car il permet d’améliorer la gestion des systèmes réalimentés, enjeu majeur permettant de limiter l’occurrence des crises et d’augmenter les débits des cours d’eau, et donc de limiter les restrictions de prélèvements. Des modalités de gestion prévisionnelle sont à construire de manière parta­gée en mettant à profit les constats de cette campagne notamment en rapprochant les volumes ayant manqués aux stations pour satisfaire les débits objectif et débits de crise de ceux restant dans les retenues en fin de campagne.

Des contrôles des points de prélèvements d’irrigation réalisés sur 7 bassins : la réglementation respectée dans la majorité des cas Les contrôles estivaux, réalisés dans un climat serein chez 45 irrigants, mettent en évidence un respect de la réglementation sur la majorité des points contrôlés ( autorisation, comptage, débit réservé ). Les non conformités relevées ont fait l’objet d’efforts significatifs de régularisation ( notamment pour les compteurs ).

Perspectives d’amélioration

- Consolidation du réseau de suivi : des solutions pour fiabiliser les indicateurs d’observation des milieux et la prise de mesures doivent être identifiées avant l’étiage prochain. 2015 a montré la nécessité de modifier les indicateurs d’état de la ressource pilotant les bassins du Ciron et de l’Avance, de la Tareyre et de l’Ourbise.

- Amélioration de la gestion des retenues collectives avec une fonction de réalimentation

Dans la mesure où il existe une marge de manoeuvre sur certains bassins dans le pilotage des lâchers d’eau, un travail partenarial avec les gestionnaires est proposé pour affiner les besoins mensuels d’irrigation, fixer des objectifs réalistes de soutien d’étiage au regard des possibilités des retenues, piloter les lâchers d’eau, au travers d’outils simples de gestion actualisés en cours de campagne et étudier la possibilité technique et financière d’automatisation, des lâchers et d’équipements de suivis, des axes réalimentés afin de faciliter la tâche difficile des gestionnaires.

Une réunion de travail réunissant les gestionnaires ainsi que la chambre d’agriculture et le syndicat départe­mental des collectivités irrigantes, sera prochainement programmée afin de partager ces enjeux.

Connaissance des besoins

Depuis 2013, la DDT a engagé un travail important d’objectivation de données sur la connaissance ter­ritoriale. L’ambition de ce travail est de partager des données objectives, d’accompagner la mise en oeuvre de la réforme des volumes prélevables, d’apporter un éclairage aux réflexions prospectives de développement des filières agricoles et de proposer les mesures adaptées à la gestion de crise.

Les données recensées concernent les assolements irrigués et la répartition des surfaces par nature de culture irriguée, les besoins en volume d’eau et leur répartition mensuelle pendant la période d’irrigation, les ressources ( retenues individuelles, collectives, prélèvements en nappes et cours d’eau ) et l’adéquation besoins/ ressources par sous bassin versant.

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