ELEVAGE : CRISE BOVINE

17 juillet 2015
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Face à la baisse continue des prix des bovins, les éleveurs bloquent, depuis le 14 juin, une quinzaine d’abattoirs dans toute la FRANCE pour manifester leur colère et leur désespoir, pour faire pression avant la table ronde réunissant la filière le 17 juin sous l’égide du Ministre de l’Agriculture. A l’issue du blocage de 18 abattoirs pendant quatre jours, les éleveurs bovins ont arraché une revalorisation progressive des prix, lors de la table ronde du 17 juin qui a réuni l’ensemble de la filière bovine.

Acte 1 : les éleveurs bloquent une quinzaine d’abattoirs


Face à la baisse continue des prix des bovins, les éleveurs bloquent depuis le 14 juin une quinzaine d’abattoirs dans toute la FRANCE pour manifester leur colère et leur désespoir, pour faire pression avant la table-ronde réunissant la filière le 17 juin sous l’égide du Ministre de l’Agriculture.
A l’appel de la FNSEA qui dénonce « la perte de rentabilité des exploitations, une dégradation sans précédent de l’économie de nos producteurs et un désespoir grandissant dans nos campagnes », les éleveurs se mobilisent depuis le 14 juin en bloquant une série d’abattoirs dans toute la FRANCE : en Pays de la Loire (Cherré, Le Lions d’Angers, La Roche-sur-Yon, La Chataigneraie), Villers-Bocage dans le Calvados, Feignies dans le Pas-de-Calais, Villefranche d’Allier en Auvergne… La liste s’établit pour le moment à 16 sites, l’Est, le Poitou-Charentes, Rhône- Alpes et le Midi-Pyrénées étant également concernés, et pourrait s’allonger dans les prochains jours. Selon Dominique BARRAU, Secrétaire Général de la FNSEA, ces actions sont nécessaires pour mettre la pression en amont de la réunion . « On sait bien que ce n’est pas lors de table-ronde qu’on peut sortir avec une fixation de prix », ajoute-t-il. La première réunion de crise qui s’était tenue mi-mai s’était conclue sur un ultimatum lancé par la FNB : un mois pour que les prix remontent, sous peine d’amplifier les actions coups de poing.


Acte 2 : la filière s’engage sur les prix


A l’issue du blocage de 18 abattoirs pendant quatre jours, les éleveurs bovins ont arraché une revalorisation progres¬sive des prix, lors de la table ronde du 17 juin qui a réuni l’ensemble de la filière bovine, sous l’égide du Ministre de l’Agriculture.
La mobilisation syndicale a payé, la grande distribution et les indus¬triels de la viande se sont engagés à revaloriser les prix aux producteurs. « La filière s’est engagée sur une revalorisation des prix de 5cts par kilo par semaine tant que les coûts de production ne seront pas couverts », a assuré Jean-Pierre FLEURY, le Président de la Fédération nationale bovine.
Entre les coûts de production estimés à 4,50 €/kg et les prix de marchés à 3,70 €/kg, le retour à une situation « normale », prendra donc quelques semaines. Interrogé à l’issue de la réunion, Gilles GAUTHIER, le nouveau Président de la Fédération nationale des industries et du commerce en gros des viandes, a confirmé cet engagement. A condition bien entendu que les grandes surfaces jouent le jeu. De même que Dominique LANGLOIS, le Président d’Interbev qui a, lui aussi, souligné que« les GMS se sont également prononcées pour la revalorisation ». Tout en précisant que « les transformateurs étaient libres d’appliquer le niveau de hausse qu’ils souhaitaient », l’essentiel étant toutefois « que le dialogue soit renoué dans la filière ». Coop de FRANCE a également confirmé la répercussion des hausses des prix aux éleveurs. Quelques instants plus tôt, le Président de la FNSEA, Xavier BEULIN, avait jugé « cette réunion positive », se félicitant « du signal fort sur les prix » qui a été donné.


Allègement des cotisations MSA

Quant au Ministre de l’Agriculture, il s’est félicité de cet accord et de l’engagement de la filière sur « une remontée progressive des cours des bovins ». Il a également annoncé lors de la table-ronde un doublement de l’enveloppe MSA pour un allègement des cotisations MSA. Lors de la table ronde du 12 mai dernier, une première enveloppe de 3,5 millions d’euros avait été décidée pour le report ou l’effacement des cotisations MSA ainsi que 2 millions d’euros sur le fonds d’allègement des charges. Enfin et pour soutenir l’exportation de bétail et viandes bovines, le ministre s’est engagé sur la création d’une plate-forme d’exportation, « pour coordonner et répondre aux appels d’offre ». L’idée est d’associer pouvoirs publics et entreprises, notamment les PME, pour qu’elles puissent saisir les opportunités dès qu’elles se présentent. A l’image de ce qui se pratique dans de nombreux pays comme aux ETATS-UNIS, en AUSTRALIE et en IRLANDE. Côté filière, les grandes enseignes de la distribution ont promis d’étendre à l’ensemble des produits nationaux, le logo Viande de FRANCE qui donne la garantie au consommateur que la viande qu’il achète est issue d’animaux nés, élevés, abattus et transformés en FRANCE. Sur le long terme, à la demande de la Fédération nationale bovine, l’interprofession viande va ouvrir de nouveaux chantiers susceptibles de conforter le maillon amont dans la filière. Le premier sur le steak haché avec la création d’un indicateur, le steak haché représentant « 50 % de la consommation de viande bovine »,selon Jean-Pierre FLEURY, le second sur l’amélioration de la qualité et la segmentation des marchés pour mieux valoriser les races à viande. Egalement au menu de l’interpro¬fession, l’amélioration du système des cotations de la filière bovine et l’encadrement des promotions. Rendez-vous est pris « mi-juillet » pour « vérifier l’application des accords » a indiqué Stéphane Le FOLL. En attendant, la FNB maintient la pression. « Nous avons pris acte des engagements, nous attendons des actes et nous met¬tons les GMS sous surveillance », a conclu Jean-Pierre FLEURY.

Quinze recommandations pour la viande bovine


A la veille de la table ronde sur la filière bovine, le 17 juin, le Ministère de l’Agriculture a publié sur son site web le rapport de la mission sur la situation de la filière française des bovins viande que Stéphane Le FOLL avait confié à Yves GEOFFROY et Michel REFFAY, du Conseil général de l’alimentation, de l’agriculture et des espaces ruraux (CGAAER), début 2015. Sans surprise, les auteurs soulignent que « le secteur de la viande spécialisée va mal » et que les revenus des éleveurs « se sont dégradés de -20 % à -40 % en 2014 ». Ceci étant, ils ne sont pas tendres sur le diagnostic reprochant au secteur d’être resté à une économie de cueillette, peu structurée et organisée, sans anticipation sur les marchés. Ils observent que « le faible revenu des éleveurs de bovins à viande tient à une production de viande très segmentée  races, types, terroirs…) et soumise à une forte concurrence ». Par exemple, la banalisation du produit ( par le haché notamment ) fait peu de cas des typologies amont. Sans parler des réformes laitières qui « viennent encore pénaliser la situation », la viande bovine d’origine laitière représentant pratiquement la moitié de la consommation de viande en FRANCE. En outre, l’abandon des quotas laitiers va naturellement conduire à une alternance entre les phases de conservation de vaches laitières en production (capitalisation) et des phases de réduction du cheptel laitier (décapitalisation), qui ne sera pas sans incidence sur les cours des viandes bovines, estiment les auteurs. Parmi les solutions proposées, les auteurs encouragent les professionnels à avoir « une attitude plus conquérante » sur le marché intérieur, en privilégiant l’origine française, à être plus offensifs à l’exportation,« pour établir de nouveaux marchés de maigres, de gras ou de viandes », notamment sur le pourtour méditerranéen. La mission préconise également « des initiatives fortes pour se doter d’outils modernes de mise en production et de mise en marché (contractualisation, regroupement de l’offre…) ». Surtout les auteurs insistent en conclusion que le fait que « l’essentiel des suggestions formulées s’inspire de la nécessité pour la filière de mieux organiser son dialogue interne et à se doter d’outils d’anticipation et d’accompagnement ». Une évolution que les pouvoirs publics doivent encourager sans oublier d’alléger les difficultés des exploitants en situation précaire.
 

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