MARCHE FONCIER : LES TERRES AGRICOLES NE CONNAISSENT PAS LA CRISE

17 juillet 2015
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Contrairement aux marchés fonciers soumis à linfluence urbaine (maisons à la campagne, espaces résidentiels et de loisirs, urbanisation), le marché des terres agricoles a continué à progresser en 2014, stimulé par la baisse des taux d’intérêt.

Sur le marché des terres agricoles, la hausse des valeurs s’est poursuivie en 2014, selon la Fédération nationale des Safer (FNSafer) qui a présenté les principales tendances du marché foncier, le 28 mai à PARIS. Le prix des terres et prés libres non bâtis s’est établi à 5 910 €/ha en 2014, en hausse de 2,9 % par rapport à l’année précédente, après avoir augmenté de 6,2 % en 2013. Idem pour le prix des terres et biens loués, il a continué à progresser à 4 410 €/ha, soit une croissance de 4 %. Contrairement aux marchés sous influence urbaine ( maisons à la campagne, espaces résidentiels et de loisirs non bâtis, urbanisation ) dont les volumes échangés stagnent ou diminuent victimes de la crise économique, le marché des terres agricoles a été dopé par la baisse continue des taux d’intérêt. En 2014, l’autre facteur déterminant, la rentabilité des exploi¬tations agricoles, n’a pas joué sur le prix des terres, selon la FNSafer. En effet, l’excédent brut d’exploitation à l’hectare affiche un repli tendanciel, même s’il est soumis à de fortes fluctuations à cause de la volatilité des prix agricoles. Néanmoins, ce sont les agriculteurs qui ont tiré les prix à la hausse comme en 2013 et en 2012 d’ailleurs, alors que ce n’était pas le cas les années précédentes, les prix étaient alors stimulés par les achats des non-agriculteurs.
Selon la FNSafer, l’écart de prix entre les zones de polyculture élevage et les grandes cultures a tendance à se réduire au fil du temps. Ainsi, le prix en grandes cultures s’est établi en moyenne à
6 810 €/ha contre 5 600 €/ha pour la polyculture élevage, le prix des terres dans les zones d’élevage bovin s’établissant pour leur part à 4 390 €/ha. Ce qui peut être interprété, comme un transfert de terres dédiées à l’élevage vers les grandes cultures dans les zones mixtes, selon Robert LEVESQUE, Directeur de Terres d’Europe-Scafr.
Gaspillage

Ces disparités, on les retrouve au niveau régional. La France apparaît divisée en trois zones horizontales. Le Nord d’une part, (Nord-Pas-de-Calais, les deux Normandie, Picardie, la Champagne et le Bassin parisien, ainsi que l’Alsace), et le Sud d’autre part (de l’Aquitaine jusqu’aux Alpes) où les prix dépassent plus de 6 500 €/ha en moyenne. Entre les deux, une vaste zone centrale, de la Franche-Comté à la côte atlantique, essentiellement dédiée à l’élevage où les prix sont souvent inférieurs à 3 500 €/ha. La FNSafer a même identifié des zones où les prix excèdent 10 000 €/ha, voire 12 000 €/ha. Il s’agit du Nord Pas-de-Calais et du grand bassin parisien, y compris la Normandie au Nord et de la Provence Côte d’Azur, ainsi que des zones irriguées comme les Landes au Sud.
Quoi qu’il en soit, la consom¬mation des espaces naturels se poursuit, même si le rythme est plus lent que ce qu’elle était, il y a quelques années. Selon la FNSafer, ce sont 49 000 hectares portés à la connaissance des Safer et qui ont fait l’objet de transactions qui ont été soustraits de l’agriculture en 2014, soit deux fois moins qu’en 2007. Si on considère la totalité des terres qui ont été artificiali¬sées (y compris celles qui n’ont pas fait l’objet d’un échange), ce sont 60 000 ha qui ont échappé à l’agriculture l’an dernier, selon l’enquête Teruti-Lucas 2015 du Ministère de l’Agriculture. « Cela correspond à une diminution de 6 % de la surface agricole et de 8 % du potentiel agronomique d’ici 2050 », estime Robert LEVESQUE. D’ores et déjà, « L’Europe importe l’équivalent de la production de 35 millions d’hectares, soit 20 % de sa surface agricole, davantage que la SAU de la FRANCE », poursuit-il. Une façon de tirer la sonnette d’alarme sur la destruction d’une ressource qui nous fait vivre. Car si la consommation de terres s’est réduite, c’est en raison de la crise économique qui a freiné l’étalement urbain et donc le gaspillage.

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