ENSEIGNEMENT AGRICOLE - UN PLAN D’ACTION POUR FAVORISER L’APPRENTISSAGE DE LA CITOYENNETE

27 avril 2015
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Dans la dynamique de mobilisation de l’école pour les valeurs de la République, à la suite des attentats de janvier, l’enseignement agricole s’est mobilisé à travers une série de débats mettant en question la citoyenneté. Les échanges ont permis l’élaboration d’un Plan d’action national de l’enseignement agricole "100 % citoyen", présenté par Stéphane LE FOLL.

Suite aux attentats de janvier 2015 et aux interrogations qu’ils ont soulevés auprès des jeunes, l’ensei­gnement agricole a entamé un travail de réflexion collectif, avec la mise en place d’un forum internet à destination des membres de la communauté édu­cative, et à travers l’organisation d’un cycle de trois débats sur les thèmes de la citoyenneté, de la transmission des valeurs, et des médias et réseaux sociaux. Ces temps de dialogue avec les enseignants et les élèves ont mis en avant des spécificités de l’ensei­gnement agricole pouvant favoriser l’apprentissage de la citoyenneté (internat, contact rapproché avec la nature, effectifs plus réduits…) mais aussi des limites à dépasser pour renforcer l’apprentissage des valeurs républicaines. Pour beaucoup, l’enseignement agricole reste ainsi un microcosme, un entre-soi qui a du mal à intéresser des jeunes d’origine sociale différente et qui, souvent éloigné des métropoles, a parfois l’impression d’être coupé du reste du monde et victime de clichés. Cet éloignement du reste de la société, réel il y a cinquante ans, avait donné lieu à la mise en place de l’enseignement socioculturel, initialement pour « faire entrer les paysans de l’époque dans la modernité », a rappelé le ministre de l’Agriculture Stéphane Le FOLL lors de la journée de restitution des débats, le 7 avril. Aujourd’hui, cet enseignement socioculturel constitue une véritable force sur laquelle l’enseignement agricole peut s’appuyer. Comme l’a d’ailleurs souligné Nathalie Mons, professeur de sociologie et spécialiste de l’analyse des politiques éducatives, il combine une pédagogie active, un lien avec le territoire, et une autre vision du temps scolaire qui manque dans les parcours scolaires classiques.

Des mesures pour la rentrée de septembre 2015

L’enseignement socioculturel constitue donc l’un des éléments clés du plan d’action national de l’ensei­gnement agricole « 100 % citoyen », présenté par le ministre en réponse à trois objectifs : défense de la laïcité et lutte contre les discriminations, développement de la citoyenneté et de l’engagement personnel, lutte contre les inégalités et promotion de la mixité sociale. Première étape pour les participants qui étaient nombreux à demander « des réponses concrètes », des mesures peuvent d’ores et déjà être mises en place. L’éducation civique, qui fera l’objet d’un document d’orientation spécifique, doit servir à favoriser les échanges : partir de l’actualité, s’en emparer pour « éveiller l’esprit » plutôt que d’imposer des connaissances, a affirmé Stéphane Le FOLL qui souhaite que la dynamique de débats se poursuive et fasse vivre les valeurs républicaines. Des liens doivent également être tissés et entre­tenus entre lycées agricoles et lycées urbains, pour faire connaître les réalités de l’enseignement agricole et mettre en avant ce qui, derrière les clichés, intéresse les jeunes aujourd’hui, comme l’aspect scientifique, la biodiversité ou encore l’environnement. La formation des enseignants est également incon­tournable, en particulier en ce qui concerne les nouvelles technologies des médias et de l’information pour favoriser les échanges inter-génération­nels. Des mesures restent à finaliser par le ministère avant fin mai, autour des adaptations possibles en faveur de la coopération internationale, de la valorisation de l’engagement asso­ciatif, ou par exemple d’une « année autrement » proposée par les MFR pour permettre aux jeunes de vivre une expérience d’un an sans couper les ponts avec le monde de l’enseignement. Le plan d’action sera débattu au conseil national de l’enseignement agricole (CNEA), avec l’objectif d’une mise en oeuvre dès la rentrée de septembre. « La société va continuer à bouger et nous avec, il faut toujours continuer le débat », a insisté Stéphane Le Foll. « La charge émotionnelle du 7 janvier a agi comme un révélateur, il faut se servir de cette énergie pour ouvrir les débats avec sérénité, et être opti­miste », a-t-il ajouté en conclusion de la journée.

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