L’alternative homéopathique

14 novembre 2014
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À la tête d’un troupeau de 50 mères et de 40 génisses de race Prim’Holstein, Michel Joan, éleveur à Sendets dans les Pyrénées-Atlantiques, cultive 20 hectares dont 16 hectares de maïs qu’il ensile. Depuis maintenant 5 ans, il utilise l’homéopathie pour soigner son cheptel.

Soigner ses vaches, sans stopper sa production

Avant 2009, la stabulation comptait une vingtaine de vaches en plus. Les vaches, dans un système de logettes, étaient à l’étroit. Beaucoup plus confrontées, les risques sanitaires étaient forts : les vaches présentaient différentes pathologies telles que des mammites, des concentrations cellulaires élevées, des infections…

« Dans un contexte de filière difficile, le coût engendré par le soin de ces pathologies devenait insoutenable et le quota n’était pas atteint. À chaque fois, j’étais contraint de séparer le lait : la traite devenait infernale, la logistique était difficile… Après m’être renseigné sur Internet, j’ai découvert que l’on pratiquait l’homéopathie sur l’élevage. J’ai donc essayé », explique l’éleveur.

 Une pratique efficace mais très pointue

«  Au départ, je n’avais qu’Internet comme source d’informations. Amateur et peu connaisseur en la matière, les premiers résultats des soins se sont avérés peu concluants », raconte Michel Joan. En 2012, il participe à la première formation homéopathie sur l’élevage dans le département, proposée par la chambre d’agriculture des Pyrénées-Atlantiques et animée par Hervé Gracien, docteur vétérinaire à Moissac dans le Tarn-et-Garonne. « L’initiation à la pratique est indispensable. Il faut vraiment les bases. Il existe un grand panel de médicaments homéopathiques : chaque traitement est associé à une douleur, un symptôme ou une pathologie. Il est donc nécessaire de participer à ces formations pour appliquer correctement chaque traitement », souligne l’éleveur.

Contrairement à l’utilisation des antibiotiques, cette méthode nécessite de la part de l’éleveur une observation accrue de ses bêtes. « Dès que le moindre symptôme se manifeste sur une vache, il faut agir. On ne peut pas se permettre, comme avec les antibiotiques, d’agir au seuil critique. Il faut agir progressivement et modérément : l’homéopathie s’utilise à bon escient sur des courtes durées », rapporte Michel Joan.

L’homéopathie rapproche l’éleveur et son troupeau

 De cette observation pointue, l’éleveur apprécie au fur et à mesure plus facilement le comportement et la douleur de son bétail. Le métier d’éleveur devient plus attractif : au-delà de son métier de producteur, il régit aussi la santé de ses animaux. « Avec l’homéopathie, je suis plus autonome vis-à-vis des vétérinaires et des autres postes externes. Il me suffit d’aller en pharmacie. Je retrouve ces médicaments sous formes de granulés que je dilue et que je distribue à mes vaches. Pour le traitement d’une mammite par exemple, le traitement me revient à un euro. On réduit facilement de moitié ses coûts par rapport à la médecine classique », explique-t-il.

L’emploi de ces médicaments naturels fait partie d’un ensemble : « Quand on se préoccupe de l’état sanitaire et des conditions de son élevage, l’homéopathie intègre complètement cette prise de conscience. Dès lors que l’animal est dans un environnement propice, il développe moins de pathologies et donc a besoin de moins de traitements, c’est certain », ajoute l’éleveur laitier.

Les éventuelles infections après vêlage, les métrites, les diarrhées de veaux, les panaris, les mammites, les affections hépatiques, les toux, sont une partie des problèmes traités par la médecine naturelle. Ces médicaments ont l’avantage de ne présenter aucuns résidus dans le lait. Néanmoins, l’observation accrue du bétail reste un investissement en temps… « L’homéopathie contribue à faciliter mon travail d’éleveur au quotidien et m’aide à atteindre mes objectifs en terme de revenu », conclut Michel Joan.

Baptiste Ducasse - Chambre d’agriculture 64

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