Préfecture : table ronde sur les fruits et légumes

24 octobre 2014
Melon

Le secteur des fruits et légumes représente 336 millions de chiffres d’affaire soit environ 40 % du CA des productions agricoles du Lot et Garonne. 1 090 exploitations spécialisées se partagent 22 000 hectares de SAU ( 8 % de la SAU totale )…

Météo défavorable, concurrence étrangère, embargo russe sont autant de causes mettant aujourd’hui à mal ce secteur déjà en crise depuis de nombreuses années. Zoom sur trois produits.

Le melon : une année moyenne

La météo défavorable de cette période estivale, caractérisée notamment par une pluviosité importante, a entrainé une diminution des rendements. Diminution à laquelle s’est ajoutée une importante concurrence espagnole engendrant une baisse des marges en Grandes et Moyennes Surfaces. Tout cela, couplé à une augmentation significative des coûts de production, particulièrement due à une augmentation des risques de maladies, fait que les producteurs de melon n’ont pas connu une campagne économiquement satisfaisante.

La Tomate : une offre largement supérieure à la demande

Tout comme le melon, la production de tomate n’a pas échappé aux conditions météorologiques. En effet, avec une baisse de l’ensoleillement au mois de juillet et des températures estivales relativement basses, les coûts de production ont largement augmenté. Ces conditions météo n’ont pas poussé à la consommation de tomates, entraînant un déséquilibre non négligeable entre offre et demande. L’embargo russe n’a fait qu’empirer une situation déjà compliquée. En effet, ce dernier a pris effet le 7 août 2014 et a pour conséquence la chute des prix. Ces derniers ne dépassent pas 16 centimes le kilo pour des coûts de production largement supérieurs (1€/kg). En ce début d’automne, l’augmentation des prix de vente (restant tout de même inférieurs aux coûts de production) est à relever, mais les faibles volumes produits ne permettront pas de rattraper la campagne.

La Pomme : un marché saturé

Un mois de stock de la campagne passée, industries énormément sollicitées en 2013, tel est le contexte dans lequel débute la campagne 2014. Tout cela a pour conséquence directe un décrochage des prix en début de campagne passant de 90 centimes à 70 centimes le kilo. Outre une augmentation de l’offre d’environ 12 % et une diminution de la consommation évaluée entre 3 et 6 %, le marché français est aussi concurrencé directement par des nectarines à bas prix. Les exportations de la pomme Gala sont principalement destinées aux marchés d’Europe du Nord. Cependant, en 2014, ces pays (Angleterre, Allemagne, …) ont multiplié par cinq leur production laissant peu de place aux pommes d’origine française. En résulte donc une modification structurelle des marchés. La forte concurrence étrangère en termes d’exportation est aussi un facteur à mettre en avant. En effet, avec des récoltes précoces et aucune rétention de production, les pays du Moyen-Orient et d’Algérie ont multiplié par trois leurs exportations par rapport à 2013. Tout comme la tomate, la pomme n’échappe pas à l’embargo russe. La Russie importe principalement des produits d’Europe de l’Est, produits soumis à des taxes élevées jusqu’au mois de janvier. Ces pays de l’Est, et notamment la Pologne qui a multiplié par 2 5 sa production de pomme en 2014, se rabattent donc sur le marché allemand, avec des prix à l’export relativement bas.

 

Lors de cette rencontre, il a été souligné que la production de pommes de terre est aussi concernée par les difficultés énoncées ci-dessus. En effet, le report des stocks de 2013 a divisé les prix par 7 ou 8. Aujourd’hui, le prix du kilo de pommes de terre ne dépasse pas 5 cts, contre 50 cts l’an passé à la même époque.

Au vu de l’ensemble de ces difficultés des mesures de soutien ont été avancées. Ce dispositif national, d’un montant de 365 millions d’euros (dont 165 millions destinés au maraîchage), est ouvert à l’ensemble des producteurs, individuels ou regroupés en organisation de producteurs.

Il s’articule autour de trois points clés :

  • L’exonération de la taxe foncière sur le non bâti
  • Les prêts de reconstitution des fonds de roulements
  • Les fonds d’allégement des charges bancaires (FAC), c’est à dire la prise en charge d’une partie des taux d’intérêt.

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