Marché : des prix au plus bas ?

23 octobre 2014
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Au fil des annonces de records de production 2014/15, le cours mondial du maïs s’est érodé pour atteindre son plus bas niveau depuis 2010. Alors, après la forte baisse des prix européens et français en septembre, qu’attendre des prochaines semaines ?

Une récolte mondiale « digérée »

Les derniers chiffres de production mondiale confirment les prévisions annoncées les derniers mois. Une récolte mondiale record, en particulier aux Etats-Unis, semble désormais bien intégrée dans les prix. Mais pour certains, ces résultats pourraient être encore sous-estimés, de quoi rajouter de la pression sur les prix.
La récolte mondiale affichée par l’USDA intègre les perspectives de production sud-américaines. Face aux cours actuels du maïs, les producteurs argentins et brésiliens feraient le choix, pour les semis en cours, de baisser leur sole maïs au profit du soja. En Argentine, la baisse pourrait se situer entre 8 et 20 %, un signe fort que le marché ne pourra ignorer dans les prochaines semaines. Preuve que sur ce continent, les prix ont atteint une certaine limite. Rappelons également que les maïs sud-américains sont aujourd’hui les plus compétitifs sur le marché. Cependant, les adeptes de l’analyse graphique rappellent que les prix américains en 2008, 2009 voire en 2010, sont descendus plus bas qu’aujourd’hui testant la barre des 3 $/boisseau à la bourse de Chicago. Avec 3,23 $/boisseau le 26/09/2014, la barre des 3,3 $/t est déjà franchie. En ce sens, au regard des fondamentaux, le marché pourrait tenter de tester à nouveau ce seuil… avec des conséquences moins fortes sur la trésorerie des farmers : les outils de gestion de risque développés par le nouveau Farm Bill devant leur permettre de passer tranquillement cette année difficile !

Des limites au niveau européen

La situation est la même en Europe. Les cours du maïs ont fortement reculé courant septembre : l’échéance novembre sur Euronext a en effet perdu près de 20 €/t en septembre. Une baisse plus forte que sur le marché mondial. Et avec des conséquences sur la capacité de production des exploitations et ce, à commencer par l’Ukraine. Avec des prix départ ferme inférieurs à 90 €/t, les fermes ukrainiennes sont confrontées à des problèmes de financement. Là encore, les perspectives de semis pourraient y être affectées, au bénéfice du soja. La production de l’UE s’annonce à un niveau record, au-delà des 70 Mt. Face au retrait des cours mondiaux, la Commission Européenne a augmenté le droit de douanes à l’entrée sur l’UE, à 10,44 €/t. Cette décision a semble-t-il contribué à stopper la baisse des cours européens. En réaction, les cours Fob Ukraine, ont rapidement concédé 8 $/t, pour atteindre 161 $/t fob Odessa ( 127 €/t ). Preuve que l’accès au marché européen reste une priorité pour les exportateurs ukrainiens.

Regain de compétitivité pour le maïs français

Enfin, avec une production attendue à un niveau record (au-delà des 17 Mt), le maïs français devra trouver des débouchés supplémentaires, en particulier à l’export. La lourdeur du bilan fourrager (en lien avec les volumes importants de blé fourrager) plaide en effet pour une baisse d’incorporation de maïs par les formulateurs en alimentation animale. En baissant nettement ces dernières semaines, le maïs français peut se positionner à l’export et reprendre des parts de marché perdues en 2013/14. Sur la base des prix actuels, l’origine française est désormais compétitive sur les principaux bassins d’importation européens. De quoi limiter, pour un temps au moins, la baisse enregistrée sur septembre.

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